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L’UNDERGROUND CA VIENT D’OU ?
En fait l’Underground vient de partout, mais c´est dans les années 60 et 70 que la culture underground a indiscutablement connu son âge d´or, débouchant sur une œuvre artistique dont on n´a toujours pas fini de ressentir les secousses sismiques. Si l´underground a su briller avec une rare intensité dans tous les domaines artistiques, c´est sans aucun doute dans la musique que le genre s´est surpassé. Partout, aux Etats-Unis, en France, en Jamaïque comme en Allemagne, des musiciens déviants ont su secouer le cocotier du conformisme pour signer des disques servant encore aujourd´hui de manifestes sonores.
Dans la littérature aussi,  l’underground a fait du bruit… Quoi de commun entre un romancier beatnik comme Jack Kerouac, un autre stupéfiant comme William Burroughs, un théoricien situationniste comme Raoul Vaneigeim, un « rock critic » comme Lester Bangs ou encore un leader politique noir américain comme Malcolm X ? A priori pas grand-chose, si ce n´est le fait que ces hommes n´ont pas vécu comme tout le monde et surtout rien dit comme les autres. On peut appeler ça l´underground, ce qui veut surtout dire une chose : les bons livres s´écrivent toujours dans les souterrains et le négatif du réel. 
Et dans le cinéma ? Loin des canons d´Hollywood, les cinéastes indépendants de l´underground ont inventé un nouveau vocabulaire (caméra à l´épaule, lumières naturelles, réalisme sauvage et abandon des studios) que parlent encore bon nombre d´apprentis sorciers du 7 art trente ans plus tard, le Dogme en étant l´exemple le plus évident. De Godard à Cassavetes en passant par Pasolini ou Barjol, les films montrent que la modernité et le goût du risque cinématographiques ne sont pas l´apanage des années 90, loin s´en faut…

L’UNDERGROUND SUR LE DEVANT DE LA SCENE…
DE LA MUSIQUE AU CINEMA, LA CULTURE UNDERGROUND FAIT VENDRE…
Et là est tout le paradoxe, car aujourd’hui tout s’inverse… Cette culture seulement réservée aux initiés se retrouve aujourd’hui sur le devant des bacs à la FNAC ou au Virgin, dans les émissions de radios, à la télévision, dans les rayons de tête des librairies, dans les galeries d’art, dans le clubbing… L’Underground ouvre ses portes et pire, il fait vendre !
Longtemps cantonné dans les bas fonds des guettos urbains ou les usines désaffectées, la scène musicale underground truste aujourd’hui les radios et les clubs… Que ce soit le Hip Hop ou les musiques électroniques, ces différents genres musicaux émergent pour devenir quasiment incontournables. La musique électronique est apparue en 1974 avec le duo allemand Kraftwerk qui s’émancipait sur des sons expérimentaux faits principalement sur des machines. Le mouvement s’est développé dans les années 80 dans la mythique ville de Détroit, berceau de la Techno. Quoiqu’il en soit, les premières influences de l’électro sont bien issues de l’underground avec la new wave, le punk et les thèmes musicaux futuristes. Aujourd’hui, les musiques électroniques font partie des plus grosses ventes de Cd’s et les radios les diffusent en boucle, même les ondes les plus commerciales. Radio FG en a fait de la musique underground son fer de lance depuis des années, mais aujourd’hui, des stations plus populaires surfent sur la vague underground.
Côté Hip-Hop c’est encore plus flagrant… La culture Hip-Hop Underground a vu le jour avec les premiers tags à New York dans le début des années 70. Ce mouvement culturel et artistique est présent dans le monde entier. Les quatre principaux éléments de la culture hip-hop sont le rap, et plus généralement le hip-hop, le graffiti, le Djing, le break dance et les autres danses hip-hop. Les précurseurs étaient Afrika Bambataa et la Zulu Nation, mais aussi KRS One, Public Ennemy, Grand Master Flash, Run DMC… C’est seulement 10 ans après que la culture Hip Hop arrive en France grâce d’ailleurs à la tournée d’Afrika Bambataa. C’est l’émergence de groupe comme NTM, Assassin ou IAM, ou des personnages comme Dee Nasty… Le rap en France s’ouvre au grand public en 1984 avec l’émission H.I.P H.O.P présenté par Sydney, sur Radio Nova, symbole de la culture underground, puis sur Skyrock, la station 100% rap... L’underground devient populaire… Tellement populaire aujourd’hui que les guettos font tomber leurs frontières. Les jeunes de quartier croient en leur musique et leur talent et propulsent la culture underground sur le devant de la scène. L’exemple du collectif Mafia K’1 Fry est édifiant. La Mafia K´1 Fry est un collectif de rappeurs issus en majorité du Val-de-Marne, fondé 1995 autour de Kery James (leader de Ideal J) et Manu Key (leader de Different Teep). Il est composé de rappeurs de Vitry, Choisy, d’Orly voire d’Ivry et Joinville-le-Pont. Reconnu pour son authenticité dans la musique, la Mafia a regroupé des artistes issus de l’underground avec des breakers, des graffeurs, des backeurs sur scène, de beatboxeurs et des Dj’s. A l’heure actuelle c’est près de 16 membres et plus d’un million d’albums vendus et des jeunes qui s’identifient a leur philosophie. Tu veux être underground alors tu es Mafia K’1 Fry (rires) ! D’autres groupe issus de l’underground et des guettos ont percé, je pense à la Brigade ou à la Mafia Trece… Bref, l’underground fait vendre…
Au cinéma, l’underground aussi a percé le grand écran… En France, la nouvelle vague est apparue dans les années d’après guerre alors que de jeunes cinéphiles tels que Godard, Truffaut, Rivette, Valcroze, aspiraient à une vie libre et sans convention. Alors que le cinéma de cette époque était dépourvu de créativité et se contentait d’être un simple support au roman, ces jeunes cinéphiles ont réinstauré le cinéma d’auteur en revoyant tout le fondement du cinéma. Ainsi, la règle de continuité n’est parfois plus respectée, le point de vue du spectateur est parfois pris en considération dans le film. Le réalisateur ne cherche plus à tromper le spectateur avec du faux vrai mais à montrer la réalité du cinéma comme elle est. Aujourd’hui, ce genre à la part belle sur les écrans…
Dans le domaine culturel et artistique beaucoup de collectifs se montrent tels qu’ils sont, sortent de leurs tanières pour explorer le monde et faire connaître leur état d’esprit. Je pense à « Kitsune », collectif d’artistes français et japonais qui se sont servis de leur science de l’underground pour attaquer les milieux branchés tant dans la musique que le graphisme mais aussi dans la fringue. Communication décalée, soirées très privées, presque secrètes, musique électro souvent expérimentale, la recette fonctionne. Plus récemment, le collectif parisien « Eleganz » se taille une belle place dans le réseau underground de la capitale. Des membres dispatchés dans chaque arrondissement avec chacun un nom et une spécialité. Au final ce sont des créations incroyables et les meilleures « battle » derrière les platines des clubs les plus branchés de la ville. On pourrait citer encore le collectif « Kourtrajmé » lancé par Kim Chapiron (réalisateur de « Sheitan » et de nombreux clips) et ses potes, ou quand les bobos parisiens fréquentent le milieu Hip Hop hardcore, pour des créations dantesques.

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