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AFTER WORK, VRAI CONCEPT OU PHENOMENE DE MODE…

Par Nicolas George le 09-11-2010
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L’After work, c’est le nouveau rendez-vous à la mode, un terme chic que l’on entend de plus en plus souvent. Chemise classique, portable à la main, à peine sortie du boulot ou des cours, ils sont tous déjà en train de faire la queue devant quelques endroits branchés des grandes villes du monde. C’est le compromis idéal pour les gens qui désirent faire la fête durant la semaine, sans avoir la gueule de bois le lendemain matin. Lancé avec succès en Angleterre, puis aux Etats-Unis, ce concept peut-il devenir incontournable en France ? Institution ou phénomène de mode ? NightLife vous présente le concept qui monte dans l’industrie du divertissement nocturne…

Ce soir, je me fais un « seven-to-one »… Si c’est pas branché ça ! En français dans le texte, cela signifie que les boulimiques de travail peuvent désormais se détendre de 19h00 à 1h00 du matin (pour les plus courageux), et reprendre une activité normale le lendemain. Cette coutume, plus connue sous le nom d’ « After Work » et exportée en France depuis quelques années, fait des émules. L’opération diffère du traditionnel apéritif-entre-amis-après-le-bureau par son concept et ses avantages. Le principe ? Attirer les clients dans les bars après le travail en semaine, en faisant grimper l’ambiance dès 19h00 à coup de musique et d’alcool. Chacun y trouve son bonheur. Les établissements se font une nouvelle clientèle en dehors des week-ends. Les clients, quant à eux, bénéficient de tarifs promotionnels. Concept le plus répandu parmi les after work : boire deux verres pour le prix d’un et grignoter des tapas (ce qui évite ainsi la fuite du client vers le restaurant !). Souvent l’apéritif dînatoire est offert (pour les bars les plus généreux) ou proposé à tarif réduit. La pratique se différencie de l’ « Happy Hour » (heures à tarifs réduits) généralement inaccessible à ceux qui travaillent.

Le concept est simple mais efficace, permettant aux business men en tous genres ou aux amis et collègues de travail de se retrouver en un lieu pour s’amuser, se rencontrer, partager, échanger, dîner, boire un verre et danser souvent dans un cadre exceptionnel, convivial et chaleureux. Et franchement, après une dure journée de stress et de labeurs, se détendre et faire une pause pour recharger vos batteries, il n’y a rien de tel. A mi-chemin du week-end, le nouveau rendez-vous du Mercredi et du jeudi est une bouffée d’oxygène pour achever la semaine et arriver en pleine forme pour profiter du week-end.

Si les premiers « After Works » ont vu le jour, il y a une dizaine d’années aux Etats-Unis avec le fameux « Seven to One » le concept lui, est né en Angleterre. En effet, aller boire quelques bières entre amis à la sortie du bureau fait partie intégrante de la culture anglaise. Et, c’est maintenant à la France d’adopter ce phénomène. Pour une somme comprise entre 12 et 15 euros, un buffet est proposé au client avec un open bar, jusqu’à 21 heures. Les prix attractifs constituent l’atout majeur de ce concept, pour des jeunes actifs ou des étudiants qui n’ont pas forcément un pouvoir d’achat très élevé.
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LIEU DE RENCONTRE ET DE BUSINESS…
Plus qu’un moyen de se défouler, l’ « After  Work » est également une « plaque tournante » de la rencontre, grâce notamment à l’explosion du marché des célibataires comme facteur du succès… Il est vrai que quand on entre dans la vie active, le carnet d’adresses perso se renouvelle très peu et laisse place à des relations souvent professionnelles. L’After Work équilibre la balance… On rencontre des gens de son milieu pro, mais également des gens différents et issus d’autres milieux. La clientèle des After Works est souvent constituée d’habitués, mais on opère souvent un renouvellement dans les endroits choisis, ce qui permet de rencontrer beaucoup de mondes. Et oui, car le concept qui attiraient les spécialistes des sorties de bureaux au début, s’étend maintenant aux amis… L’After Work devient un rituel ou l’on retrouve ses potes après une journée de boulot…

Actuellement, une dizaine de salles à Paris organisent ces soirées de sortie de bureau. Le concept se développe de plus en plus en Province notamment à Marseille, Lyon ou encore Lille. Ce type de soirées n’a pas non plus échappé aux bureaux des étudiants (BDE) qui d’ores et déjà se sont appropriés le concept.

SEVEN TO ONE… L’INDUSTRIE LOURDE DE L’AFTER WORK…
Après Paris en 2001, puis Toulouse, Bordeaux, Marseille, Antibes et Aix en Provence l’année dernière, le concept du Seven 2 One a débarqué à Barcelone. La première soirée a été inaugurée en grandes pompes à l’Eléphant, bar branché de la ville et temple des beautiful people de la capitale Catalane…
Quand Christophe Maumus, le créateur du Seven 2 One a lancé l’idée à Paris, il y a maintenant 5 ans personne n’y croyait. Aujourd’hui, ils sont entre 8.000 et 9.000 aficionados en France à se retrouver chaque semaine, et à se demander pourquoi de telles soirées n’existaient pas avant. Pour beaucoup de 30-40 ans, actifs dans leur vie professionnelle, souvent mariés et même avec enfants, l’idée de sortir pour faire la fête jusqu’à pas d’heure est décourageante. Elle les fatigue avant même de sortir. Le principe « Seven 2 one », avec ses horaires adaptés, se présente comme une nouvelle alternative pour cette tranche d’âge qui souhaite, malgré tout, garder une vie sociale active. Et si l’idée n’était pas initialement de faciliter les rencontres pour célibataires, le fait est là : le Seven 2 One compte à son actif près de 70 bébés français...  les "Seven 2 Ours".
Forte de son succès, l’agence de communication « What’s Hap », chargée du développement des franchises, commence l’expatriation du concept à Barcelone et a choisi comme local exclusif l’Eléphant. Situé dans Pedralbes depuis 2004, cet espace déjà très convoité par les Beautiful people de la nuit barcelonaise est sensiblement inspiré des mille et nuits : un amalgame de mobilier colonial dans lequel se mélangent le style arabe, hindou et thaïlandais. A l’entrée, le Chill Out et les jardins exotiques du club s´accordent parfaitement à l’esprit convivial que « Seven 2 One » tenait à garder. Après la ville Condale, les soirées devraient voir le jour dans les principales capitales des provinces espagnoles et ainsi continuer leur belle aventure. 


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« NOTWORKING PARTIES », LA BELGIQUE REINVENTE L’AFTER WORK…
Aller boire un verre après le boulot : une habitude de détente anglo-saxonne qui, depuis quelques années, prend de l’ampleur, à Bruxelles, poussée par les ressortissants européens qui trouvent là une façon de se rencontrer et donc de mieux s’intégrer. Continuer à parler travail après le boulot : une habitude universelle pour celles et ceux qui aiment leur job !
A partir de ces deux constats, un organisateur belge a décidé de mixer travail, détente et rencontres professionnelles en lançant les « Notworking Parties », chaque jeudi à partir de 19h, dans un endroit très branché de la ville : Le Claridge. La soirée se déroule en trois temps : notworking, networking et niteworking. Le but est de pouvoir faciliter les approches professionnelles en mettant en commun les réseaux d’amis et de connaissances des uns et des autres.

Un logiciel a donc été développé pour permettre de voir les “connexions” humaines entre les uns et les autres. Lorsque les participants arrivent, ils s’inscrivent (nom, fonction, entreprise), ce qui crée une longue liste de noms défilant sur de grands écrans. Des Mac sont mis à disposition de chacun : on y « check » toutes ses connaissances pour les mettre dans son profil, consultable par les autres. Exemple : Vous voyez le nom d’une personne que vous aimeriez approcher ou quelqu’un d’une boîte qui vous intéresse. Vous vérifiez son réseau et remarquez qu’il connaît quelqu’un inscrit lui aussi dans votre liste. Il vous présente… il n’y a plus qu’à discuter boulot, projet, proposition, expérience… Le tour est joué…
Mais qui dit boulot, ne veut pas dire absnce de fête, le but n’étant pas de poursuivre une journée de travail, ce qui serait forcément trop chiant à force… L’ambiance est donc évidemment à la détente et les groupes se font et se défont à mesure que la liste des participants s’allonge sur l’écran géant. L’ « After Work” reprend ses droits…
Les plateaux arrivent, chargés de petites assiettes appétissantes : le « walking dinner » se met en place, un moyen de passer à autre chose, avant la soirée en elle-même où le travail cède finalement le pas à la fête…
Vu le retard de la France, cette nouvelle façon d’aborder l’ « After Work » risque fort de voir le jour dans quelques années…

LA “HYPE ATTITUDE” OU QUAND L’AFTER WORK SE DECLINE…
Sortir ou faire des rencontres après le travail, au musée, au resto et même au supermarché... les actifs débordés en raffolent. Mais pourquoi considérer l’ « After Work » seulement dans un bar ou une boîte ? Le phénomène est tel que de nombreux organismes, musées et même commerces ont adapté leurs horaires et leur concept pour choyer cette clientèle qui, disons le, dispose d’un fort potentiel d’achat…

LE DECALO-CULTUREL…
Par exemple, la très branchée fondation Cartier à Paris organise tous les jeudi soir des soirées nomades, des manifestations dédiées aux arts de la scène avec  de la musique improvisée, des monologues clownesques, des performances... C´est donc l´occasion de découvrir un spectacle original et de rencontrer des passionnés d´art contemporain, dans un cadre chaleureux, inspirant à la détente. En plus de ces escapades nocturnes, il y a des vernissages collectifs dans les galeries très à la mode de la rue Louise-Weiss, dans le XIIIe arrondissement de Paris, un très bon moyen pour rencontrer la faune branchée, se tenir au courant des dernières tendances et boire une petite coupe de champagne !
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LES CAVES-LIBRAIRIES…
Autre lieu, autre ambiance pour des After Works décalés : les caves-librairies. La Belle Hortense, dans le Marais, à Paris, propose un bar à vins-cave-librairie. Vous pouvez y déguster un petit verre de rouge, choisir une bonne bouteille parmi la trentaine de crus proposés et surtout vous installer tranquillement dans l´arrière-salle pour bouquiner. Des séances de lecture et de dédicaces sont aussi régulièrement organisées.

LES « CONVENIENCES STORES »
Un autre concept devrait rapidement voir le jour dans les grandes villes françaises : les « Convenience Stores », littéralement magasins d´hyperproximité. En 2003, Monoprix a lancé à Paris le « Daily Monop », un magasin de centre-ville au décor rose bonbon. Sur une surface de vente inférieure à 300 mètres carrés, dédiée à l´alimentaire et avec une grande amplitude horaire (jusqu´à minuit en semaine), qui permet aux cadres de faire leurs courses en rentrant d’ « After Work », ces magasins se situent à mi-chemin entre l´épicerie de quartier et le restaurant. Très rapidement, ces lieux sont d´ailleurs devenus des « dating market », des  supermarchés du rendez-vous truffés de cadres célibataires. Plus soft, le BHV joue lui aussi dans la catégorie « épicerie de nuit » avec son Café BHV. Et même si l´endroit ne concurrence pas les « after », il reste malgré tout ouvert jusqu´à 21 heures en semaine et 22 heures les vendredis et samedis.

LE SNACKING, L’APERO VERSION RESTO…
Le restaurant-club L’Etoile à Paris vient de lancer le « Snacking », véritable alternative aux apéritifs traditionnels… L’établissement vous propose de retrouver tous les plats de la carte en format réduit… Pour grignoter entre amis avant de passer a table ou dîner sur le pouce au bar, c’est au choix… Pour accompagner le « Snacking », vous aurez le choix entre des cocktails, du champagne, mais aussi la carte des vins… Du Lundi au Samedi dès 20h, à partir de 8 euros…

EPILOGUE
L’After Work est bel et bien entré dans les mœurs en France, mais ne nous voilons pas la face, cela a pris du temps, beaucoup de temps. Réfractaires aux concepts venus d’ailleurs (comme le brunch d’ailleurs il y a quelque temps), les Français se décident enfin a laisser une place à l’AfterWork dans leur vie de tous les jours… Pour preuve, le nombre de rendez-vous qui vous sont proposés et le nombre de sites Internet vous donnant les bons plans « After Work »… Alors, prenez les fêtards de la semaine, ajoutez-y les jeunes célibataires en mal de rencontres, mélangez bien et vous obtiendrez le désormais fameux afterwork du jeudi soir…

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