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ALAIN ROLLAND

Par Nicolas George le 09-11-2010
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Alain Rolland fait partie de ceux qui ont connu les nuits parisiennes teintées de paillettes et de spectacles. Son expérience du milieu lui a permis de travailler dans les endroits les plus branchés, de lancer le fameux « Cercle Elite », sans oublier la classique « Garden des Rois ». Aujourd’hui, il revient pour nous sur son parcours, ses envies et nous dresse une vision de la nuit triste, mais optimiste…

Propos recueillis par CHRIS

NightLife : Alain, comment as-tu débuté dans la nuit ?
Alain Rolland : En fait je rentre dans le milieu par le biais du groupe Feingold. Je bosse dans divers endroits très branchés avec Bruce Mérite entra autre (New York, Paris, Londres...).
A Paris, je travaille au Duplex, à l’Arc, au Niel’s et chez Régine. Je rencontre Thierry Klémeniuk qui lui est au « Central » (aujourd’hui le Queen) et je commence à organiser des soirées avec lui au Palace et aux Bains Douches. Je produis également des soirées au Bataclan et à la salle Wagram.

Avec Hervé Taieb, tu es à l’origine des fameuses « Garden des Rois ». Comment est né le concept ?
En fait quand j’ai rencontré Hervé, j’avais en moi l’idée de créer un bel évènement qui fédérerait une fois par an le milieu de la nuit. Il a adhéré tout de suite, tout comme Franck Couécou. Hervé me proposait son château pour les soirées du « Cercle Elite ». On s’est dit pourquoi ne pas faire la « Garden des Rois » au Château. Grâce à la Garden j’ai mis le pied dans la nuit classe parisienne.

Quel est vraiment le concept, l’idée de base ?
La Garden des rois est un club éphémère qui réunit, chaque année, tout le milieu de la nuit autour d’un thème. Et c’est vrai qu’Hervé et moi-même on se complète parfaitement. Sa force à lui c’est de savoir s’entourer de beaucoup de people ou de personnalités influentes, quand à moi j’amène le côté clientèle branchée. C’est le seul moment (dimanche de fêtes des pères) ou on pouvait rassembler tout le monde. C’est juste après Cannes et Roland Garros et avant les vacances d’été ! Idéal !

Tu es également fondateur du « Cercle Elite ». Peux tu nous en parler ?
Le Cercle fête ses 15 ans cette année, c’est énorme ! J’ai voulu donner aux gens l’accès à des clubs très prisés, à l’accès souvent difficile. Tous ces gens sont fédérés au sein de ce que l’on appelle le « Cercle Elite ». Ils sont inscrits et reçoivent des invitations pour nos soirées. Ils se rencontrent, se retrouvent et créent des liens dans des endroits magiques.

Le « Cercle Elite » est t’il une garantie réelle pour accéder a ses endroits ?
Tu sais aussi bien que moi comment fonctionne le milieu… C’est une garantie à partir du moment où tu respectes les règles et les codes de la nuit que sont la tenue vestimentaire, l’accueil et autres… Au début cela n’a pas été simple, mais aujourd’hui, le cercle est très bien accepté et reconnu. Nous avons 350.000 visiteurs et en ce moment près de 1000 visiteurs par jour.
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« Celui qui réinvestira dans la nuit, c’est celui qui réussira… »

Quel est ton regard sur la nuit ?
C’est un regard triste, comme l’est la nuit en ce moment… Je suis de la génération qui a connu les folles soirées du Palace. Nous avons été très mal élevé avec le Palace (rires) ! Nous étions habitués à des évènements de haut standing, qui n’existent plus aujourd’hui. Le show a disparu, on ne fait plus rêver les gens, il y a un réel malaise.

D’où vient ce malaise selon toi ?
Les patrons et directeurs artistiques pensent qu’il suffit de mettre de la tune sur des Dj’s pour faire venir les gens. Mais Paris n’est pas une capitale de Dj’s, c’est la capitale de la fête. Je ne suis pas magicien, mais j’écoute les gens et les volontés de chacun. Il faut prendre en compte ce qu’ils disent pour aller de l’avant. C’est ce que j’essaye de faire. Aujourd’hui, on donne moins aux clients, ils ne sortent presque plus et en plus on se permet d’augmenter les prix ! Y’a un soucis non ?

Quelles sont les solutions ?
Il n’y a pas de recettes miracles… Il faut commencer par baisser les prix, pour attirer de nouveaux du monde, et avec l’argent, il faut réinvestir dans des structures et des concepts. Celui qui réinvestira dans la nuit, c’est celui qui réussira. Les gens doivent rentrer chez eux avec le sourire et des rêves plein la tête. J’y crois, je suis sûr que la nuit finira par retrouver ses lettres de noblesse.

Quel est ton rêve ?
Ce serait d’avoir un multiplex à Paris avec une clientèle parisienne. Cinq ou six salles, un restaurant, des bars, des salles de jeux… Un endroit dans lequel tu pourrais passer toute la nuit à faire la fête. Pourquoi la ville de Paris n’aide pas à construire un vrai établissement de nuit. J’aimerais croiser un mec qui a beaucoup d’argent pour financer un lieu de fête.


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