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FREDERIC TADDEI

Par Nicolas George le 09-11-2010
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Tantôt Dandy, tantôt intello branché, Frédéric Taddei cultive à merveille un non-conformisme hors du commun… A la tête de l’émission culte “Paris Dernière“ pendant 7 ans, au cours de laquelle il nous faisait découvrir un Paris branché, populaire, surprenant et parfois classé X, il officie aujourd’hui sur France 3 dans la quotidienne surmédiatisée “Ce soir ou jamais“. Cet amoureux de la culture nous entraîne quotidiennement dans des débats aux en couleurs pour le bonheur des téléspectateurs… C’est un monsieur et il est en aparté dans NightLife…

Propos recueillis par CHRIS

NightLife : Du direct, des revues de presse, des thèmes parfois hors norme… C’est quoi finalement le fil conducteur de « Ce soir ou jamais » ?
Frédéric Taddei : Le fil conducteur c’est comment faire une émission culturelle qui sorte des sentiers battus et surtout qui est susceptible d’élargir le cercle de gens qui s’intéressent d’habitude à ce genre de programmes. J’essaie de faire en sorte que la culture soit la clé de compréhension du monde dans lequel on vit aujourd’hui. On travail en collaboration avec le JT de Marie Drucker… On prend des sujets proches de l’actu et on fait se rencontrer des gens du cinéma, de la littérature, de la musique pour avoir leur avis sur le thème abordé.

Est-ce une volonté de ta part de « Démocratiser » la culture ?
Non, pas vraiment, puisque déjà, la culture n’est pas, pour moi, quelque chose d’élitiste à la base. Tout le monde est à même de s’intéresser aux débats culturels. Mon émission, je la fais vivre plus comme un talk show, dans lequel sont invités les acteurs de toutes les cultures.

La culture fait-elle vendre aujourd’hui ?
Tu sais, j’ai accepté cette émission car ça fait des années que je répète inlassablement que la culture est primordiale et surtout qu’elle est un facteur indispensable pour faire avancer les choses. Mais fait-elle vendre ou pas, là n’est pas le problème. Les émissions de ce genre sont souvent programmées tard le soir et manque d’argent, mais j’essaie d’apporter un concept un peu nouveau. Si je n’y arrive pas, un autre y arrivera bien un jour. Mais pour répondre à ta question, je suis persuadée que les émissions culturelles sont concurrentielles.

En tout cas, l’audimat semble très bon…
Oui, enfin ça dépend des jours et surtout des thèmes abordés. Mais la direction de France Télévision est enchantée par les résultats. Il y a eu un vrai buzz autour des programmes. On a eu pas mal de presse, beaucoup de retour alors c’est bien. On a même fait 11,6% de part de marché… En tout cas, je n’ai pas de pression de la part de la chaîne.
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“LES FASHION VICTIMS SONT L’ANTITHE SE DE LA HYPE…“

Pourtant c’est le Service public…
C’est sûr, mais la pression de vient pas de la chaîne, mais plus des éditeurs ou des maisons de disques… Les gens attendent beaucoup de « Ce soir ou jamais », car on a une très bonne visibilité. Sur “Paris Première“, je ne voulais être regardé que par une cible précise… Je ne voulais pas que tout le monde regarde « Paris Dernière ». Mais ce genre de chose n’est viable que sur les chaînes privées. Sur le service public, il faut plaire à tout le monde. La seule pression que l’on a est une pression intellectuelle. Si le sujet du débat est le Slam, je ne veux pas qu’il n’y ait que des slammers devant la télé, mais aussi des gens qui ne savent pas ce qu’est cette discipline…

Il y a déjà eu des “clash“ dans l’émission… Culture et clash, c’est indissociable ?
Non, mais c’est important de comprendre que les gens ne doivent pas être d’accord sur tout. Dans “Ce soir ou jamais“ on a pris le parti d’accorder du temps de parole aux invités. Ils peuvent faire des phrases de plus de 16 secondes ce qui est pas mal de nos jours à la télé (rires)… Et effectivement, on a assisté à des “clash“ déjà cultes ! J’aime que les gens opposent leurs idées, mais sur le thème du “Slam“, c’est allé un peu loin… Grand Corps malades s’en ai pris plein la figure, il y a eu jet de verre d’eau… Je ne veux pas que cela ressemble à des émissions qu’il y a eu dans le passé.

Taddei aujourd’hui c’est le relève de Polac ou Pivot ?
(Rires) Non, je ne crois pas. Je fais quelque chose de différent même si les débats culturels ont un passé, un héritage. Pour moi les grands ancêtres sont Jacques Chancel, Philippe Bouvard. Aujourd’hui, il y a Michel Field. Par contre c’est sûr que Michel Polac et son “Droit de réponse“ a beaucoup compté dans mon adolescence. Je m’inspire d’eux, mais personne n’avait traité de l’actualité immédiate au travers du fil rouge qu’est la culture.

Le “Live“ ce fait rare à la T.V… C’est un grand kiffe pour toi ?
Ah ça j’adore ! Dans l’émission, je pousse le “Live“ à son extrémité. Je n’ai pas de fiches, il n’y a pas de reportages, ce ne sont que des interventions plateau. Je pense que c’est ce qui donne à l’émission son caractère unique. C’est ce panache que j’aime vraiment.

La nuit, c’est fini ?
Non, car j’y suis encore un peu… L’émission est tard, elle se déroule dans un lieu réel avec un bar, tu peux d’ailleurs venir y boire un verre. Et puis, ça n’empêche pas de sortir après.

Que penses-tu des prestations de ton remplaçant (Xavier De Moulins) à la tête de “Paris Dernière“ ?
Je ne sais pas je n’ai pas regardé… D’ailleurs je ne regarde jamais la télévision.

Ariel Wizman m’a défini la “Hype“ comme “une béquille au fait de ne pas être intéressant“… Comment la définirais-tu toi ?
La hype j’adore quand c’est non-conformiste… Par contre quand on touche au snobisme, je trouve cela détestable. Je hais les “fashion Victim“, c’est l’“anti Hype“ !
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