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KATE WAX

Par Nicolas George le 09-11-2010
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UNE  DIVA AU SERVICE DE L’ELECTRO…

C’est a coup sûr la rencontre de l’année, une révélation qui porte le doux nom d’Aicha. La suissesse Kate Wax représente le futur d’une électro en mal de création et de délires artistiques. Elle fait partie d’une génération revendicative qui mêle à merveille sons live et graphisme. Justice, Vicarious Bliss, Mr Flash, Kate Wax et leurs acolytes ouvrent la voix d’un nouveau genre ou la scène et les live ont la part belle. De son côté Tibétain elle tire une sagesse indéniable et une beauté proche de la pureté, de ses doigts elle nous livre une électro sensuelle, sombre, quasi hypnotique. Un moment quasi mystique, une rencontre qui va au-delà du « kiffe »…

Propos recueillis par CHRIS

NightLife : Comment passe t’on de la chanson à l’électro ?
Kate Wax : C’est un concours de circonstances. En fait c’est venu à moi tout seul… Je devais être destinée à ça (rires)… J’ai découvert ça aux Beaux Arts… J’avais une culture déjà très revendicative, j’écoutais pas mal de Hip-Hop underground et de la New Wave. J’ai rencontré des gens qui m’ont fait découvrir les musiques expérimentales. J’ai « kiffé » tout de suite, car dans l’expérimentale, tu peux faire partager tes émotions. C’a ma ouvert au monde !

Ton univers est un savoureux mélange de mélancolie, de détresse, de joie, c’est presque fascinant… Peux-tu nous en parler ?
C’est vrai, c’est un mélange de tout ça… Ma musique me permet de m’exprimer et de faire ressortir toutes mes facettes. Je suis introvertie alors je transforme mes énergies, quelles soient positives ou négatives en musique. Mes sons représentent la vision que j’ai du monde qui nous entoure. Je fonctionne à l’instinct dans ma façon de travailler et de percevoir les choses. Ca varie aussi en fonction de l’humeur du jour (rires)…

Je crois savoir que tu es une grosse fan de matos…
Oui je suis amoureuse des machines (rires) ! Je crée moi-même mes sons, alors c’est vrai que je suis entourée de beaucoup de matériel avec une énorme banque de sons. Parallèlement , j’écris mes chansons et je tiens absolument à ce qu’il y ait des histoires, des paroles sur tout les tracks. Je suis très pulsionnelle dans mon ébauche de travail et très sérieuse quand il s’agit de bosser sur les arrangements. Mais ma musique ne doit pas être travaillée, elle est à mon image, radicale.
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Te sens-tu plus artiste que Dj ?
Je ne sais pas… A la base j’étais graphiste et la musique c’est un peu pareil. Il faut la voir comme une création, un supplément d’âme. C’est avec des créations qu’on fait avancer le monde. Je n’aime pas les étiquettes et les choses figées, il faut laissé un flou dans ce que l’on fait. J’adore la scène, je ne sais m’exprimer pleinement qu’au sein d’un show. Alors en club j’ai dû m’adapter au Dance-Floor. Je trouvais qu’il manquait un truc à la scène électro…

D’où le fait que tu as introduit des instruments dans tes prestations ?
Oui c’est exactement ça… La scène électro a besoin d’instruments live aujourd’hui, alors j’ai choisi la batterie dans mes prestations. Depuis un an je tourne avec un batteur, c’est une énergie et un répondant pour moi sur scène. J’adore communier avec le public. En plus avec la voix, il y a un relais qui se fait. Il faut que je sois entourée de machines pour me sentir à l’aise sur scène.

De quoi t’inspires-tu pour faire sortir autant d’émotions de ta musique ?
Franchement je m’inspire de tout de ce que la vie veut bien m’offrir… Il y a tant de choses qui peuvent représenter une quelconque source d’inspiration. Mon enfance est ultra présente dans mes tracks, ma vie en générale m’inspire, mes voyages, mes rencontres, mes discussions avec les gens… Je reviens du Japon, c’a a juste été une grosse claque ! C’est un pays ultra créatif qui m’a aussi fait progresser dans mon état d’esprit.

« Pour devenir un artiste, le Dj doit faire ses preuves sur scène.
Le futur de l’électro c’est le live… »

Quel regard portes-tu à la scène électro actuelle ?
Pour moi il y a deux scènes électro aujourd’hui… Il y a la scène clubbing avec les gros Dj’s commerciaux, Ibiza etc… Et il y a la scène plus underground, plus artistique qui est en lien avec le graphisme.

Evidemment tu te situes dans la deuxième je suppose…
Oui c’est clair, au même titre que des mecs comme Justice, Mr Oizo ou d’autres artistes de créations. C’est une génération revendicative qui a besoin de créer ses propres sons, de faire passer des messages et qui ne suit pas spécialement les conventions ou autres règles pré-établies…

Parles-nous de ce fabuleux tryptique « Dark Heat Collection » qui est sorti il y a quelques semaines…
C’est un projet qui en a surpris plus d’un car il s’est fait en plusieurs étapes. Le volume I de « Dark Heat Collection » rassemble mes classiques et quelques inédits et il est surtout uniquement disponible en digital. Le download, je suis vraiment pour… Mais le processus est très froid, alors j’ai essayé d’amener un peu d’humanité là-dedans. Le Volume II est un véritable album dans lequel toutes mes émotions musicales sont mises à jour. J’ai invité des artistes qui comptent pour moi comme Roman Flugel, Ellen Allien & Apparat… Cet opus à un côté Dark, Funky et hypnotique qui me caractérise complètement. Enfin, dans le coffret du « Dark Heat Vol II » il y a un bon qui te permet de recevoir gratuitement le troisième volet des « Dark Heat Collection » qui rassemble mes meilleurs morceaux live.

On est bien loin des concepts commerciaux qui font la starisation des Dj’s aujourd’hui…
C’est clair… Les années 90 ont vu les mannequins devenir des stars, les années 2000 se sont les Dj’s qui trustent les premières places des charts. La starisation de certains me passe au dessus de la tête (rires).... Ce n’est pas une menace, loin de là… Je préfère dire des choses par la musique que de vendre des millions de disques. Aujourd’hui, il y a une différenciation à faire entre les gens qui font des tubes et ceux qui créent la musique en live. L’avenir de l’électro c’est la scène, c’est ma réponse à moi. Pour devenir un artiste, le Dj doit faire ses preuves sur scène.

Ta maturité et ta sagesse c’est ton côté tibétain qui ressort (rires) ?
(Rires)… La seule chose que je sais c’est que je canalise tout par la musique. J’ai beaucoup de mal à m’exprimer en dehors de ce contexte, j’ai donc un recul par rapport à ça…
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