Article précédent
Article suivant

Faible baisse après la Loi Anti-Tabac

Par Nicolas George le 09-11-2010
Partager cet article :

5% : C´est la baisse du chiffre d´affaires qui a été observée en janvier dans les cafés et restaurants, selon un bilan du groupe de travail sur l´interdiction de fumer dans les lieux publics, alors que les buralistes évoquent une chute de 18% à 20% de leur activité "au comptoir".

Serge Vendemini, professeur de sciences de gestion à l´université de Paris II, a indiqué lors d´une conférence mardi qu´une baisse de 6% de la fréquentation et de 5% du chiffre d´affaires a été observée en janvier, imputable en partie à l´interdiction de fumer et en partie à une baisse du pouvoir d´achat des Français.

L´impact a été "quasiment nul à Paris", dans la moyenne dans les grandes villes, mais plus prononcé, "autour de -9%", en zone rurale.

Les premiers chiffres de février laissent toutefois pressentir "un phénomène de trou d´air" pour février et mars, a-t-il indiqué, se montrant toutefois confiant en une reprise de fréquentation en avril.

La Confédération des buralistes a indiqué de son côté, dans un communiqué, que la loi anti-tabac, appliquée dans tous les lieux publics en France depuis le 2 janvier, a entraîné une baisse de 18% à 20% de l´activité "au comptoir" (vente de cafés, boissons et sandwichs) dans les bars-tabac entre le début de l´année et le 15 février.

La région du nord de la France et la banlieue parisienne sont le plus affectés. Les buralistes pâtissent également d´un recul de 12% à 15% de l´activité jeu et évoquent "une perte considérable de l´ambiance" dans leurs établissements, selon le communiqué.

La Confédération, qui regroupe les quelque 30.000 bars-tabacs français, s´est en outre étonnée de la mise en place d´un groupe de travail sur l´interdiction de fumer dans les lieux publics "dans lequel les buralistes ne sont même pas représentés".

Les syndicats professionnels membres du groupe de travail sur l´interdiction de fumer, coordonné par le Comité national contre le tabagisme, affirment représenter 95% du secteur Cafés, Hôtels, Restaurants, Discothèques et Casinos.

La Confédération des buralistes est en "négociation" avec les pouvoirs publics, depuis début février, pour tenter d´obtenir la possibilité d´implanter des pièces réservées aux fumeurs, avec appareils d´extraction ou d´épuration d´air homologués, ainsi que des dérogations pour les petits établissements. Les négociations devraient s´achever en avril.

Les syndicats professionnels des cafés, hôtels, restaurants, discothèques et casinos souhaitent par ailleurs clarifier la question des terrasses et "obtenir une définition précise et claire de ce qu´on entend par terrasse aérée", afin d´éviter un contournement de la législation.

Le président du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat) Didier Chenet, a indiqué qu´il aborderait ce point lors de son entretien avec la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, prévu vendredi.

De son côté, le Pr Yves Martinet, président du Comité national contre le tabagisme, a souligné l´importance de l´impact de la mesure d´interdiction en matière de santé, réaffirmant son opposition à "une quelconque dérogation au décret".

Sur la base d´une étude italienne publiée ce mois-ci, l´interdiction de fumer pourrait amener "une réduction de 5.000 à 7.000 infarctus par an en France, a indiqué le cardiologue Daniel Thomas (Pitié-Salpêtrière).

(Source : AFP / Yahoo.fr)

Article précédent
Article suivant