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ROSCHDY ZEM

Par Nicolas George le 09-11-2010
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Malgré une carrière qui commence sur le tard, à 30 ans, Roschdy Zem est aujourd’hui une figure incontournable du cinéma français... Grâce à des rôles poignants dans les films d’André Téchiné ou dans Indigènes aux côtés de Jamel, Roschdy peut aujourd’hui se tourner vers l’action. Il sera à l’affiche de « Go Fast » à partir du 1er octobre... Attention sensations fortes garanties !

Propos recueillis par CHRIS

 

 

Nightlife : Tu es à l’affiche d’un vrai film d’action, « Go Fast »... Qu’est-ce qui t’a séduit dans le scénario ? Roschdy Zem :

C’est la cohérence du projet qui m’a séduit. En découvrant le titre du scénario, je ne savais pas ce que j’allais lire, je ne savais pas ce qu’était un « Go Fast » et le mot ne m’évoquait rien. Mais j’ai très vite été emballé par l’intrigue et par son ton réaliste et détaillé. Même si, à l’époque, le scénario était encore en cours d’écriture, j’y ai trouvé quelque chose de suffisamment consistant pour m’y investir.

Au fait, c’est quoi un « Go Fast » ?

Un « Go Fast » est un terme qui décrit les gros trafiquants de drogues qui chargent des voitures surpuissantes pour parcourir les autoroutes et livrer leurs cames. Ils vont à des vitesses incroyables pour échapper à la police....

Parles de ton personnage de flic infiltré...

Le personnage, bien que « héros » du film, a été rendu le plus humain possible. On a évité les clichés du flic solitaire, porté sur la bouteille et désespéré. C’est pourquoi on lui a cherché des failles, comme cette phobie de l’eau. De plus, du fait qu’il soit infiltré, cela permet du jeu dans le jeu, on se retrouve alors avec trois identités, l’acteur, le personnage et le personnage qui fait l’acteur. C’est ça aussi qui m’a motivé dans ce rôle de flic.

J’ai entendu dire que tu avais côtoyé de vrais flics d’élites pour le rôle...

C’est vrai, ce fut une expérience incroyable... Côtoyer de vrais policiers d’élite m’a permis d’apprendre beaucoup sur leur comportement et leur attitude. Le but pour un acteur, c’est d’interpréter le moins possible, ce sont donc ces détails importants qui enrichissent le personnage. Dans les films américains, les flics tiennent souvent leur flingue à une main et de travers, c’est n’importe quoi, on est loin de la réalité. N’importe quel policier vous dira qu’il ne sort jamais sa carte au niveau du visage mais au niveau de la ceinture, pour éviter d’être repéré de loin.

J’ai l’impression que tu as pris en masse musculaire ! Est ce que le rôle a demandé une préparation physique particulière ?

(Rires)... Oui, je te le confirme ! Il me paraissait essentiel de changer physiquement, il y a peu de freluquets au sein de la police d’élite, ce sont d’ailleurs souvent leurs épaules qui les trahissent (rires) ! J’ai donc suivi un entraînement physique important avec 3 mois de musculation et de cardio. J’ai également suivi un entraînement spécifique avec le RAID, qui s’est révélé éprouvant. Dès le premier jour, on a chargé mon arme à balles réelles, ce qui voulait dire qu’à la moindre erreur, je pouvais blesser quelqu’un. Et comme j’avais toujours tiré à blanc au cinéma, je me suis vite rendu compte à quel point je ne savais pas tirer (rires) !

 

 

Est-ce que cette expérience t’as permis de voir le boulot de flic autrement ?

Ca c’est clair... On a toujours quelques a priori sur le job, mais en les côtoyant je me suis rendu compte que leur boulot était super compliqué. J’avoue qu’en situation réelle, j’aurais commis pas mal de bavures. J’ai aussi réalisé qu’en cas d’embrouille, un policier n’a qu’une seconde pour prendre une décision, choisir la bonne ou la mauvaise se joue à peu de choses.

« Pour les cascades, si tu écoutes les assurances, tu peux à peine monter sur un vélo... »

Depuis le film, est-ce que ça t’exciterait de vivre un « Go Fast » ?

(Rires)... J’en sais rien... Contrairement à Olivier, je n’ai jamais été mis en situation de Go Fast. En revanche, un soir où l’on avait besoin de plans de coupe, on a chargé une voiture avec de la fausse came et l’on est parti sur les routes espagnoles. Je me suis rendu compte qu’on passait les péages avec une étrange facilité, on a même croisé des voitures de police !

Le film comporte également pas mal de cascades spectaculaires. En as-tu réalisé beaucoup ?

J’aurais aimé en faire plus, mais certaines se sont révélées impossibles pour des questions d’assurance. Si on les écoutait, on pourrait tout juste monter sur un vélo... Je me suis quand même pas mal amusé au volant puisqu’on a mis une portion d’autoroute à notre disposition ce qui permettait d’atteindre des vitesses vertigineuses. A contrario, il était hors de question pour moi de sauter dans le canal de l’Ourcq avec les bras attachés. C’est mon point commun avec le personnage (rires) !

Je sais que tu as également appris à piloter... Impressions ?

On m’a fait un vrai plaisir de môme en me permettant de suivre une formation de pilotage, à chaque fois que je voyais une cascade de voitures au cinéma, je me demandais comment était réalisé tel dérapage contrôlé ou tel retournement. C’est ça le bonheur d’être comédien, on apprend dans les meilleures conditions. Depuis que j’ai suivi cette formation, je ne conduis plus de la même façon, j’ai notamment compris qu’on ne conduit pas une voiture avec les mains, mais avec les pieds...

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