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TRYO

Par Nicolas George le 09-11-2010
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Après une pause salvatrice consacrée à leurs différents projets solo, Tryo repart sur les « roots » et nous enjolive les oreilles de leur quatrième opus studio : « Ce que l’on Sème ». Et ceux que l’on aime nous le rendent bien avec cet album à la fois éclectique et engagé, militant et déjanté. Les grands frérots de toute une génération continuent leur route festive et dessinent sur nos visages les mêmes sourires musicaux que les notes et refrains de leurs débuts...

Interview réalisée par Nicolas George

Nightlife : On vous avez laissé les uns et les autres aux commandes de vos carrières solo... Finalement le virus « Tryo » vous a vite rattrapé !

Christophe Mali : C’est vrai que l’on sort d’une grande pause avec Tryo mais la genèse de l’album date de l’été dernier où l’on a commencé à écrire et composer les morceaux chacun de notre côté. On garde cette manière très artisanale de travailler puis, ensuite, il n’y a aucune limite dans le morceau, après on le porte !

Danielito : On a voulu aller plus loin avec ce nouvel album et ouvrir plus de portes musicalement. On retrouve d’avantage les instruments à cordes et il y a plusieurs invités sur cet album comme Vincent Ségal de -M- ou encore Bumcello et d’autres collaborations comme Les Fils de Teuhpu ou Zap Mama. Tout ce métissage, c’est dû à nos voyages en Inde, au Niger, en Amérique du Sud... et aux rencontres que l’on a fait même si sur plusieurs morceaux on retrouve du Tryo pur souche !

 

 

Finalement, quatre albums studio en un peu plus de 12 ans, c’est relativement peu...

C.M. : Pour le groupe, enregistrer un album, c’est avant tout un vecteur pour se produire sur scène ! C’est la finalité du projet ! Car c’est en live que l’on prend notre pied et que l’on peut enfin partager notre musique avec des invités ! Ca nous permet de mettre en avant des artistes que l’on aime lors des premières parties par exemple ! Dans le passé on a donné carte blanche à des artistes comme Camille, Olivia Ruiz, La Rue Ketanou...

On sait que vous êtes très impliqués dans la sensibilisation à l’écologie et à l’environnement. Vous soutenez d’ailleurs l’action de Greenpeace à travers ce nouvel album...

D. : Oui, c’est le fruit d’une longue collaboration avec Greenpeace depuis 4/5 ans. On a participé à pas mal d’actions avec eux et sur cet album on avait envie d’approfondir et de mettre en lumière leur état d’esprit, leurs actions et leurs principes totalement indépendants politiquement et financièrement de l’Etat.

C.M. : Greenpeace tire la sonnette d’alarme et dénonce les atteintes à l’environnement et essaie d’apporter des solutions. C’est vraiment un combat important. Donc effectivement, nos habitudes sont à changer mais aussi, peut être que cela peut également passer par les lois et pas uniquement par un comportement individuel. A noter que le disque est fabriqué avec les sources mixtes FSC, qui est un groupe de produits issu de forêts bien gérées et d’autres sources contrôlées. On essaie donc de montrer l’exemple avec le label !

Ca fait quoi lorsque l’on voit que toute une génération s’est appropriée vos chansons, des cours de lycée aux colos en passant pas les publics des festivals de musique ?

C.M. : Quand on va dans les festivals, on entend effectivement beaucoup les gens jouer du Tryo ! Ils s’approprient les morceaux, c’est bien ! Et bien entendu, cela nous touche beaucoup ! Il y a des gens qui grandissent avec nous ! Tryo c’est aussi un témoin générationnel donc espérons que nos messages perdurent le plus longtemps possible ! Et puis l’« Hymne de nos Campagnes » porte bien son nom : c’est un hymne alors faisons le vivre et perdurer, c’est le but d’un morceau ! (Rires)

D. : C’est aussi pour cela que l’on a inséré dans le CD les tablatures des morceaux, comme ça, chacun peut jouer chez lui, entre amis, en soirée... Et puis on va bientôt sortir un song book plus détaillé avec toutes les partitions de guitares, percus...

J’ai entendu dire que Tryo repartait sur les routes !

C.M. : Effectivement mais les prochaines dates seront beaucoup plus intimistes que les dernières que l’on a faite. On a envie d’être dans un cadre plus familial. Deux nouveaux musiciens viennent renforcer ce que l’on fait sur scène : un violoncelliste et une nouvelle percu pour la base rythmique. Il y aura toujours beaucoup d’invités mais ça, c’est la surprise...

D. : On prépare le Casino de Paris en Novembre. Puis une tournée « intimiste » jusqu’en décembre. Et de mars jusqu’à l’été 2009, on passera à de plus grandes salles comme des Zéniths, sans oublier les festivals.

Vos carrières solo sont donc mises entre parenthèse pour l’instant...

C.M. : Oui, on est à fond sur Tryo donc on a mis de côté nos plannings respectifs ! Moi je devais sortir un deuxième album et puis le temps a manqué ! Tryo nous prend quand même beaucoup de temps et d’énergie !

 

 

Vous revendiquez toujours ce côté « indépendant » dans l’approche de votre musique... N’est ce pas contradictoire après avoir signé avec une grosse maison de disques comme Sony ou que vos morceaux passent sur NRJ ?

C.M. : On revendique surtout notre côté artisanal ! Et puis on reste libre car nous comme nos propres producteurs et éditeurs et même co-producteurs de l’ensemble de nos tournées ! Alors on ne crache pas dans la soupe, car Sony fait très bien son boulot et nous on garde et on revendique notre liberté d’action !

D. : C’était rigolo d’entendre « L’Hymne de nos Campagnes » sur NRJ ! Le titre y a été diffusé presque 10 ans après avoir été écrit ! Mais c’est un joli coup du sort, on n’a rien demandé et on a eu une belle couverture médiatique !

On donne carte blanche à Tryo pour faire une big fiesta... Ca donne quoi ?

C.M. & D. : Carte blanche ? Ah bah on ne reste pas en France alors ! (Rires) On prend un avion et on fonce au Chili, dans la ville d’enfance de Danielito. On emmène notre public avec nous et quelques invités comme Gilberto Gil, Salome de Bahia... On va faire de la Batacuda ! Yes !

La Nuit, la Fête, ce sont des univers qui vous attirent ?

D. : Pas trop personnellement. J’aime les concerts et les petites salles mais pas les ambiances clubs ! Mon endroit de prédilection reste le Cabaret Sauvage car on s’y sent comme à la maison !

C.M. : Ah moi par contre, j’aime vivre et faire la fête, la nuit ! J’aime bien sortir, la vie nocturne ça me plait ! J’aime bien aller eu Rex par exemple ! Sinon, l’un de mes lieux préférés, à Paris c’est le Connétable dans le 3ème ! Et puis pour bouger, c’est le Cabaret Sauvage comme Daniel : on va y voir pleins de concerts, c’est un espace magnifique. C’est quand même la grande classe ici !

www.tryo.com

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