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MARK KNIGHT

Par Nicolas George le 09-11-2010
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Mark Knight, fondateur du label Toolroom Records et dj d’une des plus emblématiques boîtes de Londres, le Ministry of Sound, est sans doute le producteur le plus respecté de la planète électro. Il n’y a pas un seul Dj qui ne rêverait pas de travailler avec l’artiste anglais. Il enchaîne les productions explosives et sort les compilations les plus attendues du monde, les « Toolroom Knights »... Ca tombe bien,la dernière vient de sortir et c’est le boss himself qui la mixe !

Propos recueillis par CHRIS

 

 

Comment construis-tu un album mixé ?

Premièrement, j’essaye de construire quelque chose de cohérent. Je ne veux pas simplement faire une collection de disques. Sans vouloir faire de clichés, j’essaye de faire une peinture, de raconter une histoire et bien sûr montrer aux gens ce que je suis musicalement parlant. J’essaye aussi d’y inclure mes propres productions, remixes ou morceaux inédits. Il y a aussi des tracks de mes potes comme Nic Fanciulli ou Funkagenda... Une compilation doit être un vrai cadeau pour les fans.

Cela prend-il beaucoup de temps pour trouver la bonne alchimie ?

Bien sûr, il ne faut pas faire n’importe quoi, ça prend énormément de temps pour trouver le bon flow. Avant d’être sûr, j’écoute tous les morceaux plusieurs fois, dans ma voiture, à la gym, sur mon I Pod, c’est presque un travail d’orfèvre (rires) ! Une compilation doit être un morceau géant à part entière et pas un arrangement entre plusieurs titres... Je trouve plus dur de faire un mix compilé que de faire un nouveau titre.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur les deux CD ?

Le premier CD est très progressif dans son approche. IL commence avec une reprise de Dennis Ferrer, un morceau très soulful. Ensuite ça part en deep house puis en techno. En fait, c’est un peu un condensé de cinq ou six heures de mixes quand je mixe au Ministry à Londres. Le deuxième CD est un peu plus pointu, c’est un peu comme deux heures de sets. Tu veux mettre le meilleur le plus rapidement possible.

Etre à la tête d’un label anglais te pousse-t’il à produire des artistes britanniques ou t’intéresses-tu aux autres pays ?

Notre business est mondial, on ne peut se contenter que de notre pays. Il y a des artistes très talentueux dans les autres pays, comme en Allemagne par exemple qui sort en ce moment de nombreux dj’s-producteurs très prometteurs. La bonne musique reste de la bonne musique, quelque soit l’endroit ou elle est faîte ou produite. Sur notre label, nous avons des artistes de Hongrie, du Canada, nous allons même signé notre première production venue de Chine !

 

 

De part ta position de boss de label, comment analyses-tu crise du disque ?

Je sens que c’est très compliqué en ce moment pour sortir des disques, alors il faut se tourner vers d’autres moyens de promouvoir notre musique. Chez Toolroom nous faisons beaucoup de digital grâce à Beat port, ce qui nous a propulsé dans les meilleurs labels électro. Je pense que si tu sais ou tu vas et si tu sais ce que tu veux faire, tu y arrives toujours. Et puis, si tu proposes des produits qualitatifs, les gens te suivront quelque soit le support que tu utilises. L’essentiel, c’est de bosser dur tous les jours.

« La bonne musique reste de la bonne musique quelque soit l’endroit ou elle est faîte ou produite... »

Et de ta place d’un des meilleurs dj’s mondiaux, comment analyses-tu la scène électro ?

Avec la prépondérance d’internet, les gens et les clubbers ont un accès immédiat à ta musique et à tes mixes. Tu dois alors travailler très dur pour rester au top et proposer de nouvelles choses aux fans. Aujourd’hui, il y a énormément de Dj’s sur la scène électro, mais le tout est de durer et pour durer, il faut travailler et encore travailler. Tu ne peux plus te contenter de mixer en club, il faut produire et créer des labels. C’est ce que semblent oublier beaucoup de Dj’s. Je suis très excité par les sons que je découvre et que j’entends à travers le monde. Je sens que de plus en plus de monde se sent concerné par l’électro.

Comment te décrirais-tu en tant que Dj ?

Il y a un truc que je ne fais jamais, c’est de jouer le même set dans chaque club. D’ailleurs, j’espère que mes collègues font de même. J’essaye de m’adapter aux sons de chaque pays ou je vais me produire. Je ne me suis jamais travesti en club, je joue toujours mon son ou le son de mon label, je déteste qu’on me dise ce que je dois jouer. J’ai passé l’âge ! Je veux que les gens qui rentrent dans le club reconnaissent mon son sans savoir que c’est moi qui joue ? C’ets ça la plus belle reconnaissance. J’adore également rajouter des sons dans mes sets pour donner une atmosphère très cosmique au club et bien sûr les images avec des Vj’s qui me suivent partout. C’est primordial aujourd’hui d’ajouter l’image au son, surtout avec le matériel qu’il existe !

 

 

Les projets de ton label « Toolroom » pour cette fin d’année ?

Il y en a plein ! Nous avons des titres incroyables qui vont sortir bientôt. Des productions de Funkagenda, Martijn ten Velden , Dave Spoon, Fedde le Grand, Tiger Stripes, Steve Angelo and Sebastien Ingrosso. Et, il y a, bien entendu, le prochain volet de la série des compilations « Toolroom Knights » avec le double CD mixé par Dave Spoon. Ensuite ce sera au tour de Dirty South et Benny Benassi.

Et ton programme de dj, ça donne quoi ?

Je sors de plus de 36 dates cet été à travers le monde, alors je crois que je vais me reposer un peu (rires) ! J’ai organisé une résidence « Toolroom Knights » sur la terrasse de l’Amnésia à Ibiza, c’était énorme ! J’ai pu y recevoir tout mes potes... J’aurais aussi ma propre scène à la Dance Valley et mon propre char à la Love Parade, je sens que ça va être très grand... See you boy !

www.myspace.com/djmarkknight

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