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DJ DAVID VENDETTA

Par Nicolas George le 09-11-2010
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 S’il jouait au basket en NBA, je pense qu’il aurait reçu l’award du MIP (Most Improved Player) c’est-à-dire le joueur ayant le plus progressé. Car ne nous y trompons pas, le Dj français a connu une année 2006 exceptionnelle avec en point d’orgue une nomination aux NRJ Music Award, la consécration ! Des titres qui cartonnent en radios, des collaborations avec les meilleurs, la sortie de son album au mois de Juin, et une tournée mondiale, 2007 s’annonce sous les meilleurs auspices. David Vendetta est dans NightLife...

Propos recueillis par CHRIS


NightLife : Ton nom de scène c’est “Vendetta“, ta résidence au Red Light à Paris c’est “Cosa Nostra“, t’aurais pas des origines mafieuses ? Rires...

David Vendetta : C’est un clin d’œil à mes origines italiennes, mais aussi à l’attrait que j’ai pour les films qui traitent de la mafia.

Plus sérieusement, quand t’es-tu intéressé aux musiques électroniques ?

Depuis mon enfance, j’écoute des musiques électroniques (Kraftwerk, un groupe allemand qui a été le précurseur de ce genre) mais aussi de la disco. En fait, je me suis toujours tourné vers des musiques avant-gardistes. Mais c’est bien plus tard que le déclic m’est venu pour apprendre à mixer. J’écoutais des émissions radio où des Dj’s retransmettaient leurs sets, lorsque je faisais mes déplacements en tant que représentant pharmaceutique...

Comment as-tu commencé a mixer ?

J’ai fait mes armes dans un bar, puis je suis devenu résident aux Bains à Paris, ensuite aux Folies Pigalle. J’ai maintenant ma soirée mensuelle “Cosa Nostra“ au Redlight. Pour ce qui est de la production, j’ai commencé par des bootlegs qui ont été remarqués par des Dj’s importants, ce qui m’a donné confiance en moi pour évoluer vers de la création pure...

C’est Roger Sanchez himself qui a appelé pour bosser avec toi ? Quelle a été ta réaction, et comment as-tu commencé à travailler avec lui ?

C’était au Papagayo à St Tropez en 2004. À l’époque, sur mon tout premier site internet mon numéro personnel apparaissait aux côtés de celui d’Estelle (mon agent). J’ai d’abord cru à une blague car il parle assez bien français (rires) ! Mais sa voix ne trompe personne. Il avait remarqué mon titre “Cléopatra“ qu’il jouait régulièrement et il m’appelait pour me proposer de remixer une de ses productions sortie sous le pseudo de “A tribe called es“ : Dancin’. Roger était pour moi depuis très longtemps un modèle, alors c’est un rêve qui se concrétisait, je crois même que je ne l’aurai pas imaginé. Dans la foulée il m’a demandé de remixer aussi un titre qui était signé sur son label Stealth “Sueno soul “ : Tempo da solo. Puis il y a eu ensuite le remix d’ “Aston Martinez“ : Twisted, et maintenant une production originale “David Vendetta feat. Akram“ : Unidos para la musica, dont je viens de faire une version flamenco !

On dit qu’un Dj est définitivement reconnu lorsqu’il sort des prods... Ca veut dire que sans prod un Dj n’est rien ?

Si un Dj veut se faire connaître par le plus grand nombre, et pouvoir exercer son talent dans les clubs français et étrangers, il se doit de composer ses propres morceaux. Plus il est connu par ses prods, plus il ramène du monde en discothèque et plus il sera sollicité ! Aujourd’hui, c’est obligatoire pour pouvoir exercer sa passion.

“IL FAUT UNE MATURITÉ PSYCHOLOGIQUE POUR FAIRE DE LA PROD...“

Tu es reconnu pour la qualité de tes remixes, de tes prods et de ton oreille musicale. Quel est le secret d’une bonne prod à la “Vendetta“ ?

Je n’ai pas de recette magique, j’essaie simplement de retranscrire dans mes productions et remixes les émotions que j’ai à certains moments. Malgré tout, je pense qu’il est nécessaire d’avoir une maturité psychologique et musicale pour faire de la production.

Tes productions cartonnent en radio (généralistes ou spécialisées). Sur des morceaux comme “Love to love you baby“ ou “Unidos Para la Musica“ on semble reconnaître la “Vendetta’s Touch “...

Ce qui caractérise la “touche vendetta“ c’est une house mélodieuse à tendance électro, avec un esprit happy ou mélancolique, et souvent sensuel, une rythmique groovy, et une basse dancefloor.

Tu as récemment été nominé au “NRJ Music Awards“. Même si tu n’as pas gagné, le prends-tu comme une consécration ?

Oui complètement. Comme je l’ai souvent dit, 2006 était l’année de mon ascension, et pour Bob Sinclar celle de sa consécration ! De tous les nominés, j’étais le seul à ne pas avoir encore sorti d’album alors c’est déjà une grande reconnaissance que d’avoir été nominé et je suis content qu’NRJ ai pensé à créer la catégorie Dj. Mon seul regret c’est de ne pas avoir eu la possibilité de rejoindre à temps Bob Sinclar lorsqu’il a appelé ses collègues sur scène... J’étais en backstage au 4ème étage, j’ai couru mais je suis arrivé trop tard.

Les cachets de David Vendetta vont-ils exploser maintenant ? Les cachets exorbitants ne coupent-ils pas les vivres des petits clubs ?

Le cachet d’un Dj dépend souvent de son actualité musicale et de sa notoriété : plus elles sont importantes, plus le public viendra nombreux le voir en club, et plus la soirée sera profitable à l’établissement. C’est la loi de l’offre et de la demande...

Tu parcours le monde, quels sont les pays qui te séduisent le plus ?

Le Maroc, la Tunisie et l’Algérie ont un public vraiment passionné et chaleureux. L’Espagne a un clubbing très averti et développé, les pays de l’est ont un public également très réactif, En résumé, j’ai plaisir à mixer dans n’importe quel endroit de la planète à partir du moment où je suis en phase avec le public.

Dee Jaying et vie privée c’est compatible selon toi ?

Oui, si on s’organise bien.

Quel est ton regard et ton avis sur la scène électro française actuelle ?

Elle se porte très bien. Par exemple David Guetta, Bob Sinclar et Martin Solveig ont tous leur son propre, qui diffèrent encore du mien, donc nous sommes complémentaires, et ce sont des Dj’s comme eux qui ont ouvert la voie.

Ta grosse actu, c’est quand même la sortie prochaine de l’album ! A quoi doit-on s’attendre ?

En plus de “love to love you baby“, “Unidos para la musica” et “Break 4 Love”, il y aura que des nouvelles productions originales avec pas moins de 8 chanteurs différents : Barbara Tucker, Rachael Starr, David Goncalves (le chanteur de “Chocolate Puma“), Keith Thompson, Harrisson Crump, Akram... Mon album représentera tout ce que j’aime dans la house, et le son que je joue dans mes sets. Il y aura même un morceau trip hop, et la version flamenco d’ “Unidos para la musica“ !

Tu as participé à la WMC à Miami, on dit que c’est de moins en moins bien...

Aller à la WMC est nécessaire pour un Dj producteur, c’est un moyen agréable de rencontrer des Dj’s internationaux à tous les coins de rue, c’est du business-vacances. Le succès de “Love to love you baby“ est parti d’un buzz qu’a créé une vidéo que nous avions tournée au “Space Terrace“ à Miami, où l’on voit Roger jouer le titre que je venais de lui remettre en promo, et danser dessus. J’ai donc bien fait d’y aller....

Quelles sont les recettes pour durer dans le métier ?

Il faut beaucoup de patience, de persévérance, de passion, de maturité, et de la chance aussi car il faut être là au bon moment, face aux bonnes personnes...

Quels sont les rêves de Vendetta aujourd’hui ?

D’être aussi connu à l’étranger qu’en France et que mon album soit bien reçu par le public, car c’est un peu comme un bébé, ça demande beaucoup de temps, de travail, et c’est un peu le reflet de moi-même.

Tes projets ?

Après l’album, j’ai de nombreux remixes à faire, et puis les dates de la tournée ! Je vais également créer une ligne de tee-shirts pour cet été...(pour les hommes et les femmes !)

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