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Antoine Baduel

Par Nicolas George le 09-11-2010
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Antoine Baduel, animateur emblématique de « l’Happy Hour », c’est sans doute le rire le plus reconnaissable, mais aussi le plus acerbe de la bande F.M. Antoine Baduel, c’est aussi l’heureux directeur d’FG Dj Radio, la station la plus branchée du moment, instigatrice de l’électro en France et à l’origine de l’éclosion de bon nombre de Dj’s. De retour de Miami, il revient pour nous sur ses projets et sur l’actualité de la radio…

Propos recueillis par Chris & Nico

NightLife : Antoine, tu rentres de la Winter à Miami, dans quel état d’esprit es-tu ?
Antoine Baduel : Je reviens plein d’enthousiasme. C’était très différent cette année. Déjà, le climat n’était pas trop avec nous, ce qui a permis un resserage des soirées. Elles étaient beaucoup plus ouvertes à tout le monde. Nous avons constaté que le marché de la Dance Music était entrain de bien évoluer et de s’ouvrir de plus en plus. D’habitude, aux Etats-Unis, c’est un univers qui est réservé aux villes comme New-York, Los Angeles ou Miami, mais là il y a un profond élargissement. Même si ce genre musical reste pointu dans un pays où le Hip-Hop prédomine, de plus en plus de gens s’y intéressent. Donc je suis très optimiste.

Quels étaient les objectifs de FG Dj radio pour cette Winter ?
Personnellement, j’ai eu une approche très journalistique de l’événement… Pour moi c’est l’heure des bilans. J’ai pris beaucoup d’informations, j’ai tenté de repérer les Dj’s qui sortaient du lot et ceux qui ont la côte. Je vais là-bas pour constater les grandes lignes de la musique de l’année prochaine. Et, effectivement, on a pu voir un retour en force de la Soulful et l’avènement de plus en plus prononcé de la minimale allemande.

Quels sont les Dj’s français qui peuvent tirer leur épingle du jeu ?
Sans aucune hésitation, je dirais Bon Sinclar. Lui, il peut vendre des disques là-bas c’est une certitude. La “French Touch“ n’est pas populaire aux USA, c’est encore réservé à une élite, mais lui, il arrive à toucher plus de monde.

Au niveau du business, est-ce vraiment l’endroit pour signer ou labéliser des titres ?
Je dirais que non, la Winter reste très cloisonnée. Ce qui a vraiment changé à Miami, c’est internet. Les Dj’s s’échangent les morceaux toute l’année ou avant de partir, ce qui fait que la conférence n’est plus vraiment un endroit ou les professionnels découvrent réellement des nouveautés. Et puis, il faut avoir une vraie notoriété pour “pénétrer“ les lieux de deals. C’est surtout l’occasion de se retrouver tous ensemble ou de mettre des noms sur des visages.

Pourrait-on imaginer voir ce genre de manifestation en Europe ?
Le seul endroit susceptible d’organiser un tel rassemblement de Dj, ce serait Ibiza. Pour accueillir une manifestation comme la Winter, il faut une alchimie, un climat spécial. Miami est idéale pour ça... Quand c’est l’hiver en Europe, il fait 30° là-bas, c’est le top.
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« FG est à l’origine de l’Electro en France… »

As-tu constaté l’émergence de la scène féminine cette année ?
Franchement non, pas plus que d’habitude d’ailleurs. La scène féminine n’a pas réellement subi d’éclosion, enfin pas encore. Elle est bien représentée, mais la starisation des femmes  n’est pas encore pour maintenant. Et puis Ségolène n’est pas encore au 2ème tour (rires) !

L’autre évènement dans le secteur de la nuit et des médias, c’était le salon du SIEL, auquel FG Dj Radio a pleinement participé… Qu’en retires-tu ?
La principale constatation, c’est l’éclosion imminente du Vijing en France. On tend de plus en plus vers un mélange du son et de l’image dans les soirées. Le Djing c’est la création instantanée de musique, le Vijing, c’est la création instantanée de l’image. Les deux vont devenir indissociables. La technologie permet de voir éclore des tendances incroyables.

En parlant de technologies, le site de la radio a évolué de manière significative, c’est devenu un vrai outil pour les auditeurs…
Oui c’est exactement ça ! On l’a lancé au mois de Novembre, et aujourd’hui on est entre 300000 et 500000 visiteurs par mois, je suis ravi. Il est en constante évolution. On propose maintenant un nouveau design plus intuitif et de nouveaux services très attractifs. Le site est une formidable vitrine. Il montre a quel point « l’écosystème FG » est large musicalement parlant. Il nous pousse également à repenser constamment la radio. Sur le site on peut télécharger les playlist, aller sur les différentes Web Radio du groupe, voir les podcasts des interviews et écouter en différé les émissions de la station. L’évolution de la technologie nous permet une culture de l’instantané et, à FG, c’est primordial.

Avec l’essor des chaînes du câble, à quand une FG T.V ?
(Rires)… FG T.V ! On va commencer par mettre en place un gros portail vidéo sur le site, qui sera lancé très prochainement. C’est un scoop NightLife, juste pour vous les gars (Rires) ! Le module va s’appeler FG 5. Les vidéos ne dépasseront pas 5 minutes. Il y aura des best of des émissions, des coulisses de l’Happy Hour, les interviews, bref toute la face cachée de la radio. On a déjà près d’11000 inscrits sur le site, c’est une forme de cadeau pour nos auditeurs.

« Je suis un OVNI de la radio… »

Comment choisis-tu les Dj’s qui tourneront sur la radio et qu’est ce qui peut faire que tu décides de te séparer d’un artiste ?
Nous on veut des Dj’s qui bossent et qui ne comptent pas seulement sur le label FG Dj Radio pour se faire un nom.  La radio doit seulement être un tremplin, pas un aboutissement. Je choisis toujours les gens en fonction de leur côté offensif. Si un Dj tourne en rond, ne trouve pas de dates, se contente de ses acquis, alors il n’a rien à faire avec nous, tout comme les Dj’s qui ne sont pas sérieux. Ceux qui nous donnent leurs mixes une fois sur deux, ou qui nous refilent les mêmes, ceux là sont pistés et on s’en sépare. Il y a un contrôle qualité à FG, des gens sont là pour écouter les mixes et constater les « bugs ». Mais, le meilleur contrôle est celui opéré par les auditeurs qui eux sont à l’écoute de tout, et très critiques en plus.
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Tu animes la quotidienne de l’Happy Hour, tu n’es jamais blasé ?
Ca fait 7 ans que l’on fait cette émission, c’est un défi au quotidien et c’est ça qui est stimulant. On ne tourne jamais en rond, car on ne se prend pas la tête. Personnellement, je ne me mets jamais la pression, je la fais en m’amusant. Je peux passer de l’interview d’un chanteur à celle d’un politique, tout en restant moi-même, tout en gardant mon esprit décalé. Je crois que c’est ça la force de ce programme. Je n’ai pas envie que l’on me mette dans une case, je suis un ovni de la radio (rires) ! La force d’FG, c’est qu’on reste libre.

N’y a-t-il jamais la pression de l’audimat ?
Non, car ce n’est pas un critère de qualité pour nous. On toujours aimé travailler sans se soucier des conventions ou des règles. C’est un peu comme les détracteurs… On ne s’en préoccupe pas. Il y a des gens qui sont jaloux du succès de la station, mais au moins on parle de nous… FG a toujours secoué les habitudes et ça va continuer.

Non, je ne suis pas un « people »…

Quelle pourrait être la finalité d’FG Dj Radio ?
Je ne fonctionne pas en terme de finalité, on ne se fixe pas d’objectifs, on marche par cycles. C’est tellement passionnant, éclectique, artistique et diversifié qu’on a pas le droit de se fixer de limites. FG c’est un laboratoire générationnel alors ça peut durer très longtemps.

As-tu l’impression d’avoir contribué à l’essor de l’Electro en France ?
Oui c’est sûr… A FG on a toujours été dans l’esprit de faire découvrir de nouveaux styles musicaux aux gens. On peut se qualifier de pôle de diffusion, de découvreur, d’éclaireur en matière de musique. Il ne faut pas se leurrer, FG a été la première radio en France à miser sur l’électro et a assurer un suivie. Et je pense que si aujourd’hui on a une telle notoriété c’est que l’on a apporté un souffle nouveau dans le paysage radiophonique français.

Les compilations labélisées « FG Dj Radio » se vendent très biens, t’attendais-tu à ce succès ?
Franchement, nous avons été surpris par ce succès. Je n’étais pas stressé par la qualité du produit, mais avec la conjoncture actuelle du marché du disque, on ne s’attendait pas à des chiffres colossaux, et pourtant… Les compilations, on les fait avec nos tripes, il y a des fous rires, mais aussi des gros «fritages ». Y’a parfois des évidences sur les choix des morceaux, parfois c’est plus compliqué de se mettre d’accord. Faire une compile, c’est comme une playlist, ce n’est pas simple et c’est pour cela que nous sommes très fiers de leur succès.

Et au niveau des fréquences, ou en es t’on ?
La station sur Rennes ouvrira au mois de Mai sur la fréquence 91.2. On est très heureux que ça se fasse car Rennes est une ville et une agglomération avec un potentiel énorme. Il y a beaucoup d’étudiants et je pense que FG Dj radio va avoir un très bon accueil là-bas. Sinon, la fréquence d’Aix en Provence cartonne, et on est toujours dans l’attente d’autres ouvertures en France afin que le quadrillage soit parfait.

Finalement, Antoine Baduel est-il devenu un « people » (rires) ?
(Rires). Non non, je suis potes avec les « people », mais je n’en suis pas un. Quand je vais en soirées, les gens viennent me voir, car ils m’ont vu dans des émissions de télé ou dans la presse, mais beaucoup me reconnaissent par rapport à mon rire. Je n’aspire pas à être un people et je ne veux pas que l’on me classe dans telle ou telle catégorie.


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