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BOOKA SHADE

Par Nicolas George le 09-11-2010
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L’ELECTRO MADE IN BERLIN
Booka Shade est sans doute le duo le plus performant de la planète électro… Formé de deux berlinois, Walter Merziger et Arno Kammermeier, ils sont les créateurs du label « Get Physical » (comprenant des artistes comme M.A.N.D.Y, Dj T…), nommé label électro de l’année en 2005.  Leurs constructions précises, accompagnées d’éléments très techniques et musicaux forme une électro dansante chaude et expérimentale. Véritables maîtres dans l’art des Live, les Booka Shade étaient à Paris pour la mythique soirée « We Love » qui fêtait les 5 ans de leur label… NightLife aussi était là…
Propos recueillis par CHRIS
NightLife : Les gars, comment vous êtes vous rencontrés?
Booka Shade : C’est une très longue histoire… Si on se met à te la raconter, les clubbers vont nous attendre toute la nuit (rires) ! On s’est rencontré à l’école. Notre passion pour la musique nous a rapproché. Au début c’était juste un hobby, mais quand on a commencé à bosser en studio, on s’est dit pourquoi ne pas essayer de gagner notre vie avec ça. Dans les années 90, on a signé notre premier titre chez E.M.I. C’était incroyable, car à l’époque, les maisons de disques rechignaient un peu à signer des artistes qui faisaient de l’électro.

Quelles ont été vos influences ?
On a toujours été attiré par la New Wave, les Dépeche Mode ou encore des groupes comme Tears For Fears… On est véritablement tombé amoureux de la techno en 1993. A partir de ce moment là, notre maison de disque nous mettait la pression pour que l’on sorte des disques, mais nous on voulait prendre notre temps et vraiment nous tourner vers la techno.

C’est cette envie de liberté qui vous a poussé à créer « Get Physical » ?
Oui, on ne voulait pas travailler à la chaîne pour une maison de disque, ce n’est pas la vision que l’on a de la musique. On a donc signé nos titres chez des labels indépendants avant de créer notre propre label : « Get Physical ».

Comment pourriez-vous définir votre musique ?
C’est une question très compliquée, car on sent notre musique, on a beaucoup de mal à mettre des mots dessus. On peut dire que c’est groovy, très mélodique parfois mélancolique, mais on essaye souvent de faire en sorte qu’il y ait une atmosphère romantique dans nos tracks. On adore les musiques de films, car tu peux y laisser transparaître énormément d’émotions et de sentiments. C’est un peu ce que l’on essaye de faire… En tout cas, c’est une musique riche, on suit les règles que l’on s’était fixé quand on a commencé.
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Dans vos titres quels sont ceux qui vous ont marqué ?
Le titre « Vertigo » est très important pour nous, car il marque nos débuts en tant que producteur. A cette époque, on commençait à produire de très bons Dj’s comme M.A.N.D.Y et Dj T. C’est un titre un peu symbolique. L’autre titre qui a marqué un tournant pour nous c’est « Body Language » avec M.A.N.D.Y, car il nous a vraiment ouvert les portes du « grand public ». Les clubbers ont commencé à nous connaître grâce a ce morceau. Puis il y a eu aussi « Mandarine girl », qui marque une continuité dans notre son.

Il y a quelques semaines vous avez sorti « Get Physical : 5 Years », pouvez-vous nous en parler ?
C’est une double compilation qui marque un aboutissement pour le label. On a été élu label électro de l’année en 2005 et aujourd’hui on a voulu remercier nos fans en leur proposant ce double CD marquant l’anniversaire des 5 ans de « Get Physical ». Sur le CD1 on a mis les remixes de pleins de Dj’s et artistes qui ont voulu participer au projet, comme Moby, Senor Coconut, Herbert, Henrik Schwarz, Sébastien Tellier… Il y a beaucoup de « Classical Arrangment », c’est vraiment bien. Et, sur le CD2, il y a tous les nouveaux tracks du label. Les gens aiment le côté éclectique des sons que l’on fait sur le label, il y a beaucoup de styles musicaux qui se mélangent, on se devait de leur offrir ce cadeau.
« Aujourd’hui, pour percer dans l’électro,
il faut mélanger les genres… »


Vous avez connu et participé à l’émancipation de l’électro en Europe, on en est-on aujourd’hui ?
On a vraiment aimé les dix dernières années du mouvement électro, mais aujourd’hui, on a l’impression que c’est toujours un peu la même chose, surtout avec l’essor de la minimale. Nous on aime les challenges, les prods qui sortent de l’ordinaire, qui se démarquent de ce qui se fait en ce moment. Pour y arriver, le secret c’est de mélanger les genres.

Quelles sont les destinations qui vous ont marqué ces derniers temps ?
On revient d’Australie et je peux te dire que c’est énorme, un très grand moment pour nous. Le Canada est également une très belle destination pour les Dj’s électro. On découvre les Etats-Unis petit à petit, mais c’est tellement grand qu’on a le temps (rires)…La Russie et la Macédoine sont des pays qu’il nous tarde de faire, c’est prévu, on est impatient. On adore jouer en live dans les festivals, comme au « Sonar » à Barcelone, ou dans des évènements en Ireland ou en Angleterre.

Que connaissez-vous de l’électro française ?
On ne connaît pas énormément de Dj’s français, mais on connaît bien le label Ed Banger, on adore ! On a joué avec les Justice à Dublin, on était tous bourrées c’était très marrant (rires) ! On a aussi joué avec les Daft Punk à Rio, c’est aussi un grand souvenir. On apprécie également des artistes comme Digitalism ou Chloé, ils ont énormément de talent.

Et les projets ?
On a une nouvelle compilation qui est en préparation et parallèlement on travaille déjà sur notre troisième album qui devrait sortir l’année prochaine.






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