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DJ HOSTYL : LE MANIEUR DE SONS...

Par Nicolas George le 09-11-2010
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À seulement 22 ans, ce passionné de musique possède déjà de bonnes années d’expérience derrière les platines. Des années de travail qui lui permirent d’acquérir une identité musicale propre. Remix, Breakbeats, pubs TV et radio, défilés de mode, soirées branchées, autant d’aspects de la musique qui font de lui un artiste à part entière. Ses sets hip-hop mélangeant électro et rock enflamment les dancefloors des soirées parisiennes ! En France, en Italie ou aux Etats-Unis, Dj Hostyl met son expérience et sa folie artistique au service du public.



Propos recueillis par Chris


NightLife : Comment as-tu commencé le mix ?

Dj Hostyle : Je n’ai pas un parcours classique. J’ai commencé dans un collectif de rappeurs parisiens “Section Est“. J’étais le Dj du groupe. Je produisais aussi et créait des intros sur les CD’s de quelques rappeurs. Ensuite, j’ai décidé de voler de mes propres ailes et d’attaquer le Djing. Des organisateurs m’ont remarqué et m’ont fait jouer dans des soirées. Au début, je jouais un hip-hop classique, mais rapidement, j’ai voulu me démarquer au niveau du son et apporter une touche “nouvelle“. C’est pour cela que j’ai sorti des vinyles de remix “Party Mix“ qui sont joués par des dj’s du monde entier.


Peut-on dire qu’Hostyl est un Dj “Hip-Hop“ ?

Oui et non... Je m’explique... Je ne suis pas un Dj 100% hip-hop basique. Je mixe le hip-hop avec pleins de choses, J’essaie de donner une autre dimension au hip-hop. Je ne me cantonne pas aux playlists « bidons » des radios. Je peux caler de la Soul ou du Rock dans un mixe hip-hop, ce qui me permet de jouer dans de beaux endroits.


Penses-tu avoir une étiquette ?

Non, je ne crois pas, mais en France on a souvent tendance a cataloguer les Dj’s. C’est pour cela que je joue un hip-hop original. Je ne veux pas être catalogué “Dj de hip-hop classique“.


Te sens-tu plus créateur que Dj de soirées ?

Un peu des deux, je ne fais pas de distinctions. J’aime créer de nouveaux sons et les inclure dans mes mixes hip-hop, même s’ils n’ont rien à voir avec ce style musical. Je joue aussi beaucoup de Bootleg que je fais moi-même. En fait, je me sers de mes “créations“ pour animer les soirées. En tout cas, je me sens très à l’aise dans les soirées branchées.


Comment prépares-tu tes mixes ?

Je me renseigne sur le thème de la soirée et sur la population. Par exemple, si les gens sont “âgés“, je vais mélanger du rock à mon set hip-hop ou mixer des morceaux plus classiques. Je prépare toujours mes sets avant, car je ne veux pas qu’on dise que je joue toujours la même chose. Je veux surprendre à chacune de mes prestations. On peut dire que je suis un créateur de bandes sons de soirées... D’ailleurs, j’ai crée des thèmes musicaux pour des défilés ou des soirées de mode.


Tu as une Résidence en Italie, comment ça s’est passé ?

Un organisateur de soirée italien cherchait un dj en France. Après en avoir vu plusieurs, il a trouvé que j’étais le plus abordable, humainement parlant, mais aussi financièrement (rires)... J’ai commencé à jouer là-bas une fois de temps en temps et puis c’est devenu récurrent pour finalement aboutir sur une résidence.


Comment est accueilli le hip-hop en Italie ?

C’est le début du hip-hop en Italie... C’est un public qui est en demande de gros sons et qui est prêt à découvrir des choses. Tu peux donc jouer plus underground, plus oldschool. C’est un très bon public, patient et passionné de musique. J’adore jouer là-bas.


Quand on est un dj “hip-hop“, les Etats-Unis représentent-ils un rêve ?

Oui, c’est sûr, mais c’est le rêve si tu penses être à la hauteur. Aux USA, les dj’s sont très forts, aussi bien techniquement que musicalement... Alors pour s’imposer, t’as intérêt à être costaud. Il y a une vraie culture hip-hop là-bas, depuis toujours... Mais bon, je sais qu’il y a la place pour des dj’s français hip-hop. En plus, on est un peu moins barbares qu’eux dans le mixe (rires).


Penses-tu qu’il y ait une appréhension de la part des clubs de programmer des soirées et des dj’s hip-hop ?

Oui, il y a une appréhension, car dans la tête des gens, ce style de musique amène une clientèle souvent indésirable. Mais cela évolue de plus en plus. Le hip-hop est de plus en plus récupéré par la mode et les établissements branchés. De plus, des mecs comme Pharell Williams tendent à faire que le hip-hop peut devenir branché.


Avec tous les sons que tu travailles, et le matériel que tu utilises, que penses tu du téléchargement sur internet ?

Franchement, je ne peux pas dire que je suis contre... Si j’entends ou si je tombe sur un morceau terrible, je le télécharge, ce qui me permettra de le jouer le soir-même. Par contre, ce serait bien que les téléchargements soient payants. Ce qui m’offusque, ce sont les Dj’s qui ne jouent qu’avec des Cd’s gravés. Personnellement j’ai besoin du contact des vinyles et d’aller chez les disquaires.


Quels sont tes projets ?

À la rentrée, on va pas mal me voir à l’étranger, dans de superbes clubs, à Dubai aussi. Je vais probablement avoir une résidence dans un très beau club parisien, mais je ne peux pas en parler tant que ce n’est pas fait. Je vais aussi me mettre sérieusement à la production. Je suis toujours à la recherche de gens qui ont du talent pour créer avec et autour d’eux.

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