Article précédent
Article suivant

DJ MLLE EVA

Par Nicolas George le 09-11-2010
Partager cet article :
L’ELECTRO A FLEUR DE PEAU...

Mlle Eva fait partie de cette scène électro féminine qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Cette lyonnaise de 26 ans s’est déjà fait un nom dans les endroits branchés de la capitale rhodanienne et sur les festivals électro. Ses sets à la fois sensuels et punchy et ses sons « minimals » poussent la jeune djette aux portes des établissements phares du genre. Bosseuse et rigoureuse elle n’a qu’une idée en tête : représenter la relève d’un djing féminin en plein boum. Mlle Eva est dans NightLife...

Propos recueillis par CHRIS


NightLife : Mlle Eva, comment es-tu arrivée au Mix ?

Mlle Eva : En fait j’ai eu mes premiers coups de cœur sur Paris en allant dans des soirées et en écoutant mixer Sex Toy et Chloé. Je me suis dit : « c’est ça que je veux faire ! » J’ai donc acheté des platines et j’ai bossé dur.

Pourquoi ce pseudo de Mlle Eva ?

Pour plein de raisons que je ne pourrai pas toute vous citer et peut-être aussi pour le côté "Star & glamour" d’ Ava Gardner (rires) ! Je trouve que ce prénom va parfaitement avec l’électro, il sonne bien et est terriblement sensuel...

Ta passion pour l’électro est venue tout de suite ?

Non, j’ai commencé par jouer Deep house et house dans les bars lyonnais puis j’ai incorporé le collectif « To forget The Past ». Je suis rentrée progressivement dans l’Electro. J’ai joué aux festivals des « Nuits sonores » 2006 et là j’ai trouvé mon son, un son qui me correspond parfaitement, qui m’ envoûte. J’ai alors monté mon collectif « Diagonalis » avec dj Pico. Aujourd’hui je dirais que je joue une electro-house très sensuelle. J’oriente ma carrière sur des scènes purement électro.

As-tu commencé la prod ?

Oui, c’est obligé aujourd’hui quand on est Dj et j’adore ça . J’ai commencé cette année grâce en partie à ma rencontre avec les « Songe Black », deux frères bourrés de talent que j’adore !. On a fait un morceau qui s’appelle « Velvet Velours », c’est une tuerie (rires) ! On est entrain d’en préparer d’autres. Je vais bosser aussi avec Tee Paul et D-Faxx qui sont tous les deux incroyablement prolifiques.

A quoi aspires-tu dans ce milieu ?

Je veux m’investir à fond dans la production et toucher les labels avec mon son. J’aimerais vraiment développer ma carrière à l’international, en France on est trop dans une électro « phénomène de mode », alors que dans certains pays c’est presque une religion ! De plus j’aime rencontrer des gens et partager des sons ou des expériences. Il y a tellement de choses à découvrir.

Ca change quoi d’être une fille derrière les platines ?

Contrairement à ce que disent certains, être une fille ça t’ouvre des portes et ça te permet d’avoir des contacts, soyons réaliste. Par contre, si tu te plantes tu es grillée, on te réduit à l’état de moins que rien. Il faut prouver en permanence que tu es capable de faire aussi bien que les mecs. Moi, je suis une grosse bosseuse, j’essaie, à mon échelle, de faire évoluer les mentalités et d’installer un peu plus la scène féminine. En tout cas, je crois à l’égalité des chances dans le milieu. De toute façon, que tu sois un mec ou une fille, il faut bosser et être super sérieux.

« Sur scène je suis sensuelle à travers mes sons... »

Tu vis à Lyon...Comment est la scène électro là-bas ?

La scène lyonnaise est très fermée et très pointue. C’est super difficile de se faire une place, car le public est connaisseur et très exigeant ; néanmoins cela m’a permis d’enrichir ma culture musicale. On a des gros plateaux et des grosses scènes électro. La tendance est très « minimale ». Je pense que dans tu t’es imposée là-bas, tu peux jouer partout !

Quand tu joues en Province, comment est l’accueil concernant ton univers musical ?

C’est très dur d’imposer l’électro en Province. Je pense que les gens ne sont pas encore tous près pour ça. Il faut y aller progressivement, leur faire découvrir ce genre petit à petit, quitte à revenir plusieurs fois ! Je suis prête à ça (rires) ! J’aime donner à mon public.

Quelles sont tes références sur la scène mondiale ?

Je vais te citer quelques noms comme The hacker, Booka Shade, Da Fresh, Sasha Funke, Olivier Koletzki, Ellen Allien, Masaya Kuroki et Gildas Loaec du Label Kitsuné et bien sûr le lyonnais Agoria qui est pour moi une référence. J’aime beaucoup la scène allemande. Sur Lyon nous avons déjà un univers à la James Holden ou Nathan Fake.

Mlle Eva, c’est plus Cd’s ou vinyles ?

Assurément vinyles ! Le contact avec le disque est beaucoup plus sensuel, plus agréable et je privilégie ce rapport tactile. Mais aujourd’hui, il faut s’adapter, jouer ses prods aussi, alors je me suis mise au Cd’s. En plus, c’est plus simple pour stocker les sons et se déplacer. Mais j’ai toujours mes vinyles avec moi.

Joues-tu de ta sensualité derrière les platines ?

Oui bien sûr, c’est aussi l’avantage d’être une fille (rires) ! Non, mais j’aime ce côté chaud et l’ambiance sulfureuse d’un club. Je joue avec le public, c’est un échange, sans tomber dans le graveleux. Je suis sensuelle derrière les platines, mais surtout au travers de mes sons.

Quels sont les endroits où tu rêverais de jouer ?

La scène canadienne me branche vraiment, il y a une très belle culture électro là-bas. Sinon, les Etats-Unis, la Belgique m’attirent aussi et j’ai quelques projets comme Dubaï. En France je voudrais mixer au « Chakra » à Rouen, c’est un endroit magnifique ou tu peux te lâcher côté son. Sinon il y a le « Bar Live » à Montpellier qui est une référence pour les dj’s électro.

Tu vas à la Winter Music Conférence de Miami je crois. Qu’attends-tu de cet évènement ?

Je vais surtout là-bas pour échanger. Je suis curieuse de tout, alors je vais m’imprégner de sons et rencontrer des gens. Je pars avec beaucoup de sons pour faire découvrir mon univers aux professionnels et en revenir pleins les oreilles pour mes futur prods.

Quels sont tes projets à venir ?

M’investir encore plus dans la prod et voyager pour connaître de nouveaux sons et publics différents. Je voudrais aussi monter une tournée en Europe, et pourquoi pas lancer un concept avec que des filles aux platines. Je déteste les choses faciles dans la vie, j’aime les challenges et crois moi je travaille très dur pour concrétiser mes rêves.

www.myspace.com/djmlleva



Crédit photos : Guillaume Gue
Article précédent
Article suivant