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FAF LARAGE

Par Nicolas George le 09-11-2010
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Disque de Platine, 9 semaines classé Numéro 1, meilleure vente de single de l’année... « J’ai pas le temps », la B.O. de la série culte « Prison Break » a été la sensation musicale de la fin d’année 2006. Derrière ce hit tranchant et envoûtant, on retrouve Faf Larage, figure incontournable de la scène Rap hexagonale depuis les années 80. Il revient avec « Rap Stories », un superbe deuxième album qui s’écoute un peu comme on enchaînerait des séances de cinéma, entre films d’actions, de comédie, mais aussi d’aventures sociales politiques et intimistes. Propos recueillis par Nicolas George

Disque de Platine, 9 semaines classé Numéro 1, meilleure vente de single de l’année... « J’ai pas le temps », la B.O. de la série culte « Prison Break » a été la sensation musicale de la fin d’année 2006. Derrière ce hit tranchant et envoûtant, on retrouve Faf Larage, figure incontournable de la scène Rap hexagonale depuis les années 80. Il revient avec « Rap Stories », un superbe deuxième album qui s’écoute un peu comme on enchaînerait des séances de cinéma, entre films d’actions, de comédie, mais aussi d’aventures sociales politiques et intimistes.

Propos recueillis par Nicolas George

Nightlife : « Rap Stories », ton deuxième album solo vient de sortir... 9 ans après ton premier opus « C’est Ma Cause » ! Présentes nous ce nouveau petit bijou !

Faf Larage : Ce nouvel album s’appelle « Rap Stories » car on y retrouve beaucoup de titres scénarisés avec des d’histoires et des personnages. Je déteste donner des leçons, mais j’aime faire passer des idées. Créer une histoire permet souvent plusieurs niveaux d’écriture et de réflexion. J’ai conçu cet album pour qu’il soit le plus diversifié possible. Il n’y a pas de morceaux qui se ressemblent, mais c’est un condensé de tous les sons ou vibes que j’ai kiffé en 2006 avec des teintes variées Rap - Hip Hop - Rock.

Ce qui te caractérise aussi, c’est ton approche du rap, avec un angle drôle ou décalé, loin de l’univers violent de nombreux rappeurs...

Les morceaux ont effectivement un angle souvent amusant... Les morceaux comme « Ta Meuf » ou « Le Branché », je passe des petits messages sur les clichés et le machisme « relou » des mecs. Mais les thèmes abordés sont parfois plus sérieux comme avec « Marketing du Diable » : J’explique toute la surenchère qu’un mec fait pour mettre en avant les mauvais côtés du pays dans un simple but marketing... C’est un titre qui devient une réflexion sur le pouvoir des images et leur manipulation.

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Humour et rap sont donc conciliables ?

Ah mais complètement ! J’ai grandi avec le rap US et avec des artistes qui montaient sur scène avec le sourire, qui faisaient des blagues, sans véhiculer de discours violents. Quand j’ai participé à « Gomez et Dubois », c’était un prétexte pour dénoncer certaines choses sous couvert d’humour. Les anti-héros, c’est un peu ma came coté humour... Et puis à travers des personnages, on fait passer des choses et on donne des idées bien plus qu’avec des beaux discours.

« J’ai grandi avec le rap US et avec des artistes qui montaient sur scène avec le sourire, qui faisaient des blagues, sans véhiculer de discours violents »

Tu as signé la Bande Originale de « Prison Break », « J’ai pas le temps », single le plus vendu en 2006. Comment as-tu été embarqué dans l’aventure « Prison Break » ?

Mes éditeurs EMI Publishing, qui gèrent le catalogue de la Fox US, m’ont dit que la Fox cherchait un générique pour la série. Ils m’ont alors proposé de faire un essai et de préparer une maquette. Ca a l’air de leur avoir plu puisqu’ils m’ont choisi (Rires)... La série je l’ai trouvé vraiment mortelle. J’ai essayé de capter les ambiances en me basant sur ce que je voyais à l’écran, sur l’image et de les peindre avec des instruments. C’est pour ça que l’on a cette atmosphère assez froide et mécanique grâce à la guitare électrique, au synthé...

Ton nom est souvent évoqué pour apparaître en tant qu’acteur dans la série. Info ou Intox ?

Intox ! Même pour un mini rôle. Mais bon, si l’on me le proposait, je sauterais sur l’opportunité !

Tu as déjà collaboré à des B.O. de films comme « Taxi 2 », « La Beuze » ou « Gomez et Tavares »... Quelle expérience en retires tu ?

De supers souvenirs ! C’est une expérience collective et en groupe vraiment intéressante grâce à laquelle j’ai appris énormément de choses. J’ai bien kiffé le partage ainsi que d’amener des gens dans un univers qui m’est propre.
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Il y a une chose que peu de gens savent : c’est toi qui a co-écrit la célèbre chanson « Alphonse Brown » de Michael Youn. Comment es tu arrivé sur ce projet farfelu ?

C’est un pote qui nous a présenté Michael et moi. Je lui ai pondu 5 couplets dans mon style mais lui voulait un truc un peu drôle. Il a gardé pas mal de choses de ce que j’ai fait mais après il a adapté le reste à sa sauce en modifiant quelques couplets ainsi que le refrain. Il faut dire qu’il a une écriture plus populaire que la mienne et qui passe bien !

« Je déteste donner des leçons, mais j’aime faire passer des idées. »

Que penses tu du désormais célèbre « Fous Ta Cagoule » des Fatal Bazooka qui compile tous les clichés sur les rappeurs et qui parodie leur univers ?

Eh bien les gens voient le rap comme ça, c’est fort possible... Mais bon il faut avoir de l’humour ! Tout ça c’est du second degré. Comme je les connais bien, je sais qu’ils n’ont pas voulu faire ça pour descendre le rap car ils adorent le rap, mais juste pour une bonne grosse déconnade. Ils ont voulu s’amuser un bon coup et c’est réussi ! Enfin, il faut dire chapeau car c’est carré en plus ce qu’ils ont fait !

Quel regard portes tu sur la scène Rap marseillaise dont tu es issu ? Et sur la scène française d’une manière générale ?

En ce qui concerne Marseille, 2007 connaît une bonne dynamique : IAM revient, Soprano des Psy 4 sort son album solo, Karim le Roi, El Matador... Moi aussi (Rires) !!! Et puis il y a pleins de groupes underground aussi qui devraient tirer leur épingle du jeu cette année. D’une manière globale, la tendance du rap actuellement est très « street ». Le rap a toujours fonctionné avec des tendances et c’et très bien de revenir aux sources, on repositionne un peu les bases.

Faf Larage en presta DJ ou Lyrics en club ? Expérience à tenter ?

On m’a proposé une ou deux fois d’épauler un DJ en lyrics mais au final ça ne s’est jamais fait pour des raisons de dispo... Mais c’est clair que ce serait une expérience intéressante d’avoir carte blanche en tant que DJ pour passer ma playlist ! Ca serait un bon trip !

Les lieux où tu aimes bouger quand tu sors ?

A Paris, je kiffe le VIP Room ! J’ai aussi entendu parler en bien du Gibus qui organise pas mal de soirée Hip Hop et où j’ai beaucoup de potes qui y vont...

Photos : (c) Nicolas Guerin

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