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GAD ELMALEH

Par Nicolas George le 09-11-2010
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OH MY GAD !!!

Gad, mot en trois lettres, aurait pu être inclus en dernière minute dans le dictionnaire sous la définition suivante : terme utilisé dans le cas d’une blague super drôle, voire hilarante... Exemple : « C’est trop Gad ce que tu viens de dire » ou encore « Wouahh tu as un humour tellement Gad ! »... Ca pourrait être ça tant Gad Elmaleh s’est crée un humour qui lui est propre tout comme ses nombreux personnages repris fréquemment dans les cours de Lycées, les bureaux ou les soirées entre potes... Ce génial touche à tout populaire a su imposer sa personnalité au coeur de la société du spectacle. Une justesse dans le verbe et une subtile auto dérision qui l’ont propulsé au rang de comique préféré des Français. A l’aube de son retour dans un Olympia complet pour les deux mois de représentations, NightLife s’est penché sur son cas... Attention, Gad is in the place !!

CHRIS

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De grand-père Baba Yahia à Chouchou en passant par Abderhazak El Merharaoui ou François Pignon, Gad Elmaleh a imposé au public ses différents personnages avec une telle facilité que cela en est presque risible... Comment peut-on autant faire rire, et surtout comment se renouveler sans tomber dans le déjà-vu ? Gad (comme l’appelle ses fans, que nous sommes tous un peu), a cette faculté incroyable qui consiste a se plonger dans la société, en retirer le meilleur du pire pour se mettre en scène lui-même. Au même titre que son pote Jamel Debbouze, Gad Elmaleh est devenu un phénomène sociologique... Aujourd’hui, on parle le « Gad Elmaleh » au quotidien, il le sait et l’assume pleinement : «  On vit une époque où les mots des jeunes auteurs populaires pèsent un poids énorme », dit-il. « Je n’ai aucune leçon à donner, mais j’utilise mon influence en faisant des feintes... Dans mes spectacles, je glisse des choses que je crois justes. Oui, c’est vrai, parfois, j’envoie des SMS géants »... Mais qui est cet extra-terrestre du rire, d’où vient-il, tout le monde est-il aussi drôle que lui sur sa planète ? NightLife tente de répondre à ces questions... En rigolant bien sûr !

GAD, L’EXTRATERRESTRE DU RIRE...

Il existe déjà une certitude, Gad Elmaleh est bien né sur terre, c’est rassurant... On sait également que son prénom « Gad », signifie « joie » en hébreu... Ahhh, mais je comprends tout ! Cet homme était prédestiné pour donner du bonheur au gens, ça tient du divin ! Le petit Gad est née au Maroc et y a passé une grande partie de son enfance. Une autre chose est sure, l’école c’est pas son kiffe... Renvoyé de plusieurs établissements scolaires parce que trop chahuteur, le petit blagueur préfère accompagner son père mime, qu’il surnomme affectueusement « Monsieur Bouglione », dans les cabarets de Casablanca. Le petit artiste rêve d’être un grand, il choisit donc de voler de ses propres ailes et de partir à Montréal, patrie du « One Man Show » et du spectacle.

Fini le soleil et les pâtisseries Marocaines, bienvenu au Québec, son froid et ses caribous. Mais pour Gad, ce départ marque le début d’une nouvelle vie... Mais pourquoi le Québec : « Parce que je rêvais de l’Amérique et que je ne parlais pas anglais. Je me suis peut-être dit que c’était une sorte d’Amérique à la française ». A la conquête du « rêve américain », le jeune homme suit des études de Sciences politiques et parallèlement, il entreprend une initiation au théâtre. Durant quatre années il s’initie aux rudiments du travail sur scène, puis il fait très vite ses armes à la radio, joue ses sketches, éprouve ses premiers textes. Petits théâtres, petit écran, cabarets ou boîtes de nuit, l’humour du débutant est tout terrain et lui donne des ailes. Il décide alors de traverser l’Atlantique direction Paris ! Il change de latitude mais il garde une envie indéfectible d’exercer sa passion...

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Il a 22 ans quand il s’inscrit au cours Florent et fait ses premiers pas sur scène dans « Les Libertins » en tant que figurant, puis à la télé dans la sitcom « Fruits et légumes ». Les bêtisiers actuels ne manquent jamais de passer un extrait de sa prestation en policier moustachu dans le court-métrage « Manivelle » tourné en 1994. En 1996, il se lance dans le cinéma sous la houlette de son pote réalisateur Merzak Allouche dans le film « Salut Cousin ! ». Il enchaîne ensuite par un second rôle dans « Les soeurs Hamlet » avant d’achever l’écriture de son premier one man show qu’il présente au Théâtre Trévise, mis en scène par sa fameuse prof de l’époque, Isabelle Nanty. « Décalages », son premier one-man-show est largement autobiographique, il y décrit son passage à Montréal et puis sa vie à Paris.

Les premières expressions et répliques marquantes de l’artiste commencent à poindre dans ce spectacle : “Bonjour, bienvenue au Canada, j’vais checker votre visa.” ou encore “Revenons à nos moutons”. Les personnages récurrents commencent eux aussi à faire leur apparition, je pense à grand-père Baba Yahia et à Abderhazak El Merharaoui. Le public est conquis... Le succès est tel qu’il réitère à Montréal puis à Casablanca avant de remettre ça de retour à Paris, dans la salle surchauffée du Palais des glaces. Le rêve prend forme et il deviendra même réalité... A cette époque, le cinéma lui tend déjà les bras. Au départ, il tourne dans des comédies qui resteront plus ou moins dans l’anonymat comme « Vive la République » ou « XXL », pour lequel il aura refusé à contre cœur le premier volet a succès de « La Vérité si je mens ! ». Il décide de changer de peau et se tourne vers le dramatique dans « L’homme est une femme comme les autres ». Le film n’affole pas les compteurs du Box Office, mais Gad prouve qu’il ne sait pas que faire rigoler... Cette expérience lui montre néanmoins que son univers reste la comédie et le divertissement...

Le comédien revient donc très vite à la blague. Il tourne dans « On fait comme on dit » avec Yvan Le Bolloc’h et Gilbert Melki. Ce n’est pas encore le banco, tout comme pour le film de Patrick Braoudé « Deuxième vie » ni pour « Les gens en maillots de bains ne sont pas (forcément) superficiels » d’Éric Assous. Mais au gré de ces nombreux tournages, Gad Elmaleh se fait remarquer quand même par le grand public...

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LE CINEMA COMME RECONNAISSANCE...

C’est à cette période qu’il fait la rencontre d’Elie Semoun et Franck Dubosc dans les « Petites Annonces », puis il participera avec Alain Chabat, José Garcia et Jamel Debbouze à l’aventure « Courts de Stars ». Sa collaboration avec Jamel va faire des étincelles avec une série de sketchs tordants comme « La Barre de Faire », énorme !!! Cette fois, il ne laisse pas passer l’occassion quand on lui propose « La Vérité si je mens 2 ! » où il lâche le fameux et désormais mythique « c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres ! ». C’est surtout la, porte ouverte sur le succès et la renommée auprès du grand public... En 2001, son deuxième one man show, « La Vie Normale » sonne comme une consécration... Son style d’humour compatissant et audacieux s’affirme davantage. Plus fin, plus classe, désinvolte, sans jamais tomber dans le misérabilisme et la méchanceté, il passe en revue quelques questions existentielles (pourquoi fumer, avoir un téléphone portable, se brancher sur le net). « Je peux pousser la caricature jusqu’au ridicule, mais mes personnages restent toujours humains. La seule moquerie que je m’accorde, c’est l’autodérision ». Certains extraits du spectacle ont aussi marqué pas mal de ses fans qui reprennent des répliques comme : « Ecoutes, ton père n’est pas Rotschild ! ».

Sur les planches, le comédien excelle : à tourmenter la guitare et essouffler les tambours, à bondir dans un corps longiligne à la dégaine de Charlot, auquel il voue d’ailleurs une immense passion. Un vrai mime élastique, mais toujours élégant, qui multiplie les accents et se joue des formules consacrées. Une nouvelle fois mis en scène par Isabelle Nanty, « La Vie normale » est donc une succession de sketches qui interrogent l’absurdité du quotidien. « J’aime être là où on ne m’attend pas », commente-t-il simplement. C’est surtout dans « La Vie Normale » que les gens découvrent pour la première fois le personnage de Chouchou, ce travesti agaçant et tendre, sorte de candide qui déclare son amour à la vie. Il sera repris ensuite dans la comédie « Chouchou », dirigée par Merzak Allouache et qu’il jouera aux côtés d’Alain Chabat. Le rôle de travesti qu’endosse Gad Elmaleh est si bien joué que l’on se laisse facilement prendre...

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LE RIRE : SON FILS, SA BATAILLE...

Le rire, un risque que ce jeune papa, prend comme une devise quotidienne et dont il fait une leçon de vie : « La comédie, c’est une arme magnifique et je m’en sers. Mais le rire pour le rire ne m’intéresse pas ». Gad Elmaleh est un touche à tout incroyable, mais un touche à tout qui garde le rire pour fil conducteur de sa vie... Il revient sur grand écran en amoureux naïf dans « A+ Pollux », et s’en va accompagner son pote Michael Youn dans ses délires ciné et ses mélodies de Bratisla Boyz. On l’aperçoit dans « Bab el web » de son acolyte Allouache, chez Laurent Baffie dans « Les Clefs de bagnole ». Bon, le public a suivi son slogan, « N’y allez pas, c’est une merde ! », donc on ne peut pas dire qu’il y ait eu salle comble... Il officie ensuite avec charme durant deux ans de suite au micro des Césars. Dans la foulée, il tourne « Olé » avec Gérard Depardieu, c’est un demi-succès... Les spectateurs veulent voir Gad dans un rôle de grand, et non plus dans celui du domestique, du fanfaron ou du pote de service. Le comique va répondre avec ce qu’il sait sans doute faire le mieux. En 2005, « L’autre c’est moi », son troisième one man show comble la foule.

Encore une fois, Gad Elmaleh humorise le quotidien, capte avec minutie les détails de l’existence et les restitue habilement telles des leçons de vie. Au coeur de ce spectacle, un nouveau personnage qu’il joue avec une gestuelle inénarrable : le « blond », celui qui est « nickel », qui « skie comme un Dieu » et « n’a jamais le nez qui coule » (Mort de rire). Et pour auréoler le tout, Gad révèle ses talents de danseur et de musicien. Le DVD s’est écoulé à 700 000 exemplaires, c’est un record. L’artiste a su inventer un théâtre de l’absurde où il s’amuse avec les archétypes de l’époque, crée des personnages emblématiques, malaxe les clichés, joue avec le langage, il se pose avec ce spectacle en héritier de la « stand up comedy », où Woody Allen fit ses premières armes.

GAD ELMALEH, HUMORISTE PREFERE DES FRANÇAIS...

Si ses « one-man-show » dénoncent souvent les intolérances contemporaines, Gad Elmaleh ne profite pas complètement de sa popularité pour semer la bonne parole à grand renfort de sorties médiatiques. Quand ses potes Jamel et Jean-Pierre Bacri vont dans les banlieues pour inciter les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales, il ne les accompagne pas. Il respecte la démarche, mais reste sceptique. « Il faut se méfier des images que l’on renvoie et de la façon dont elles sont perçues. Je suis stupéfait par la confusion générale qui règne actuellement. Tout le monde semble avoir un avis sur tout - les banlieues, l’antisémitisme, l’islam - mais le sens des mots s’est perdu en route. L’école devrait tout réexpliquer. Et imposer des cours de nuance. Je suis effaré de voir à quel point l’éventuel "Je ne sais pas" n’a jamais sa place dans les médias. Ce refus du doute, du temps mort, c’est épouvantable ! ». Quoiqu’il en soit, les jeunes beurs l’adorent, les jeunes juifs aussi. Il en est très heureux, bien sûr. Mais constate que, quand ils évoquent les tensions du moment, les uns lui parlent d’un éventuel départ pour Israël et les autres d’Intifada.

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Signe de sa promotion au sein du cinéma hexagonal, Gad Elmaleh se voit proposer également le rôle du célèbre « François Pignon », dans le film « La Doublure » de Francis Veber. Après Jacques Brel, Pierre Richard, Jacques Villeret ou Daniel Auteuil, Gad entre dans la cour très fermée des acteurs populaires. Et, selon les dires du réalisateur : « Gad est un excellent Pignon parce qu’il a compris qu’il ne faut pas en faire trop ». Gad Elmaleh est aux anges : « Au cours Florent, les comédies de Veber faisaient figure de modèles. L’écriture de ses scripts, la précision de ses dialogues, le fait que ses films cartonnent systématiquement, ce qui, ne nous le cachons pas, est plus qu’important. Quand un mec comme ça veut te rencontrer, forcément tu es flatté. »

Aujourd’hui, Gad Elmaleh figure au panthéon de ces comédiens que les décideurs s’arrachent. Ces acteurs « bankable » censés rameuter les foules dans les salles. Depuis ses débuts, les obsessions artistiques de Gad ne se sont jamais incarnées prioritairement sur le grand écran. Au cours Florent, déjà, ses fantasmes le ramenaient invariablement sur la scène. « J’éprouvais un sentiment d’urgence pour le cinéma ». Croulant sous les propositions, il peut se permettre de refuser des rôles et ne selectionner que ce qui lui plaît... Sur le tournage de « Hors de prix » avec Audrey Tautou, Gad Elmaleh a exploité les facettes du jeu d’acteur qu’il préfère, comme la gestuelle, les silences ou le comique décalé. Ou plutôt sa volonté de se recentrer sur ses enjeux fondamentaux. Au cinéma, il admire Chaplin, De Funès et Nicolas Cage et son rêve le plus fou serait de conquérir Hollywood, mais il déclare pour ceux qui l’imaginent dans un rôle de mafieux qu’il ne veut pas tuer des gens dans un film : « Sinon, les spectateurs vont penser que les mecs que je viens de buter vont se relever ! ».

Mais, pour lui, l’essentiel reste quand même ses spectacles. Pour preuve son nouveau « One Man Show », Papa est en-haut, qui nous arrive tout frais pour le mois de Décembre. Une nouvelle fois, il va créer l’évènement avec ses deux mois non stop et complet à l’Olympia, c’est le premier artiste a assurer une telle performance ! Cerise sur le gâteau, le 22 mars dernier, l’homme de scène a été sacré Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Une distinction qui l’a ému profondément, pour laquelle il a réclamé son cheval et s’est gentiment targué d’un commentaire narquois sur sa personne : « Les Arts d’accord... Mais les Lettres ! ». Sacré Gad !


-  A l’Olympia,

du 11 décembre 2007

au 26 janvier 2008

28 Boulevard des Capucines - 75009 Paris Du mardi au vendredi à 20h / les samedis à 20h30

-  Prolongations au Palais des Sports,

du 1 avril au 18 avril 2008

1 place Porte de Versailles - 75015 Paris

Du mardi au samedi

Location : 0 825 038 039


-  GAD EN TOURNEE

NOVEMBRE 2007

Lyon (5/6/7/8) - Roanne (9) - Clermont (13) - Brive (14) - Angoulême (15) - Bordeaux (16) - Pau (17) - Toulouse (20/21) - Perpignan (22) - Montpellier (23/24) - Marseille (27/28) - Nice (30)

DECEMBRE 2007 / JANVIER 2008

Olympia (du 11 décembre 2007 au 26 janvier 2008)

MARS 2008

Morlaix (11) - Quimper (12) - Angers (13) - La Rochelle (14) - Châteauroux (15) - Metz (19) - Strasbourg (20/21) - Liège (25/26) - Bruxelles (27/28/29)

AVRIL 2008

Palais des Sports ( du 1er au 18 avril 2008) - Ile Maurice (24/25/26) - Saint Gilles (28/29/30).

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