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JAMEL DEBBOUZE

Par Nicolas George le 09-11-2010
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Une journée de Jamel ça ressemble à quoi ?

Quand je suis à Paris réveil par ma mère vers 10h30. Je vais au bureau déjeune vers15H30 avec mon pote Kader Aoun avec qui j´écris en ce moment. Le reste de la journée je lis les différents projets sur lesquels on travaille.
À partir de 19H je suis dans le 19ème rue de Tanger ou Place du Maroc. La quasi-totalité de mes vannes sort de cet endroit. Là-bas c´est un peu Vol au-dessus d´un nid de coucou. On a l´impression d´être dans un asile psychiatrique mais avec des gens tout à fait normaux. Je quitte le « 19 » vers 21H30 pour me retrouver très souvent au Costes avec Jean-Pierre Bacri avec qui je refais le monde.

Ton featuring avec Snoop Doggy Dog sur la B.O d´Astérix a t-il engendré d´autres projets musicaux dans le genre ?

J´adore James Brown alors pourquoi ne pas essayer de le solliciter et partir sur un titre comme Sex machine ? Je connais les paroles par cœur. Faut que j´en profite tant qu´il est encore en vie !

Tu es l´un des plus grands fans de Barry White... Pourrais-tu faire un duo virtuel avec lui ?

Franchement j´ai tellement de respect pour cet artiste que je ne veux pas risquer de lui niquer une de ses chansons. Parce que je sais que je la torpillerais. Il y a des monuments que l´on n´a pas envie de toucher que ce soit dans la musique ou au cinéma.

Maintenant que tu es riche à quoi peux-tu encore rêver ?

À une femme des enfants et une petite maison dans une prairie. Moi je rêve d´amour matin midi et soir. Pour moi les femmes c´est le centre et je le dis sans condescendance. Quand une femme sera présidente aux États-Unis les choses iront beaucoup mieux. Et je le signe ! Je suis un vrai féministe masculin et j´ai beaucoup de respect pour les meufs surtout si elles sont bien foutues (rires).

Jamel et l´amour où ça en est ? La fusion a opéré ou c´est la « sécheresse » sentimentale ?

Je voulais justement t´en parler. Je suis à la recherche de l´âme sœur. Si vous êtes sympathique accessoirement belle mais très conciliante c´est-à-dire prête à toutes sortes d´expériences réalisées dans le 19ème ça me rendrait service (rires).

Sexuellement parlant les temps seraient-ils durs pour les artistes ?

En ce moment ce n´est pas au beau fixe. Dès que je parle à une meuf qui me plaît elle me dit : « Ouais mais tu dis ça à tout le monde. Vous les artistes... ». Avant les filles avaient des a priori sur mon identité de rebeu maintenant elles en ont parce que je suis artiste. Qu´est-ce qu´il va falloir que je fasse pour qu´on me prenne au sérieux bordel ?

Jamel Debbouze est un romantique ou un obsédé sexuel ?

Pour dire la vérité je suis un coureur de filles. J´ai une grande gueule et je dis partout que je kiffe les meufs. Mais quand il s´agit d´aller au charbon il n´y a plus personne. En tout cas on n´est pas beaucoup !

Imagine... On te demande de faire ton casting pour le rôle au ciné d´un veinard à la tête d´un harem... Dans la série «C´est mon choix» quelques noms qui pourraient exacerber ton Modjo ?

Au hasard comme ça Alyssa Milano. Après je mettrais trois autres meufs qui lui ressemblent les unes à côté des autres. Tant qu´on y est j´appellerais Charlize Theron Isabelle Adjani et Tyra Banks si ça peut lui faire plaisir. Et j´ajouterais Annie Cordy pour délirer...

Est-ce qu´il t´arrive d´être sollicité pour des prestations privées dites « ménages » dans la jet-set ?

Non je n´ai pas besoin de ça mais j´ai été contacté par des Saoudiens qui m´ont proposé plusieurs filles nues et quelques millions de francs. En contrepartie ils voulaient que je joue pour eux mais ce n´est pas le genre de la maison ! L´oseille ne peut pas être un argument pour monter sur scène ce n´est pas possible. Sinon tu le fais mal. Remarque si c´est le sultan de Brünei me fait la même proposition et qu´il me paye en smarties derrière les buissons là je dirais oui (rires). Plus sérieusement pour des associations caritatives par exemple je jouerais volontiers.

La plus grosse connerie ou la plus grosse idée reçue à ton sujet que tu aies lue dans la presse ?

Je ne sais pas. Il y en a eu tellement. Mais maintenant je peux lire n´importe quoi dans les magazines sans me formaliser pour autant. Au début c´est vrai j´étais vraiment très touché par la critique. Maintenant je suis blindé...

Fais tu des procès à la presse ?

Ben oui c´est drôle les procès parce que ça te fait de l´oseille. C´est toujours marrant de prendre de l´argent à Entrevue ou à Voici. Quand je gagne je rétrocède la tune tout de suite à des associations car je viens de là. Elles m´ont beaucoup aidé !

Est-ce qu´il t´arrive parfois de te faire des plans de riches genre prendre un jet privé pour aller dîner à New York ?

Non je ne suis pas encore Hugues Hefner. Mais il m´est arrivé de faire des trucs de ouf comme l´organisation de l´anniversaire de Puff Diddy au Maroc. Ce n´était pas mon métier mais la proposition me parlait. Quelques mois après le 11 septembre alors que le gouvernement américain conseillait à ses ressortissants de ne pas aller dans les pays du Maghreb. Il m´a semblé intéressant de relever le challenge et d´aller faire la fête avec des Américains au Maroc précisément à ce moment-là. On a réussi à obtenir les autorisations pour affréter un Boeing pour un Marrakech - New York alors que la ligne n´existe même pas. Imagine : 500 personnes faisant la teuf pendant 4 jours à Marrakech avec Puff Diddy. C´était incroyable !

« Sortir? J´attends que les Guetta se réveillent »

Les boîtes de nuit ça t´inspire quoi ?

Je préfère les clubs où il y a peu de monde et du bon son plutôt que les soirées blindées où tu entends à peine la musique. J´adore sortir le mercredi et le jeudi au Man Ray et au Cab c´est mortel. Josy tient bien sa baraque et on est toujours super bien reçu. Mais j´attends que les Guetta se réveillent !

En club tu es plutôt style drague dans le carré VIP avec bouteilles sur la table ou ondulation de ton corps sur le dancefloor ?

C´est stratégique. J´ai toujours une bouteille de champagne dans un carré VIP sachant que c´est un point de rencontres. Mais les choses se passent surtout dans la cabine du DJ ou dans l´ « arrière-boutique » de la teboi. Tu es dans la fête sans être dedans. Et puis dans l´ « arrière-boutique » on discute... essentiellement de météo !

C´est vrai que dans ce genre de « back room » il y a toujours des filles intéressées par la pluie et le beau temps...

C´est bizarre. Toutes les « arrière-boutiques » de boîtes de nuit sont tapissées de meufs. Bravo les architectes ! Ca permet aussi d´éviter de se faire casser les couilles par les photographes.

Est-ce qu´il t´arrive de passer derrière les platines pour faire le con ?

Régulièrement surtout quand c´est Abdel le DJ. Si je me sens bien et qu´il y a un micro allumé j´y vais mais il faut que ce soit spontané. Les boîtes c´est un état d´esprit. Quand tu sors de chez toi tu sens si tu vas passer une bonne soirée ou non.

Lorsque tu es en tournée en province que fais-tu après ton spectacle ?

Je m´endors rarement avant 7 heures du matin lorsque je suis sur scène. Alors je fais beaucoup d´after shows dans les clubs. Je prends le micro avec Abdel je monte sur les tables je gueule... C´est un exutoire communicatif. Quand t´es dans la fête les gens te suivent. Je me rappelle de soirées monumentales.

Le top des personnalités que tu kiffes ?

Zidane parce qu´il m´a fait vibrer. Dans la même lignée il y a Mohamed Ali pour des raisons évidentes mais des gens que j´admire il y en a un milliard. À commencer par ma mère ou Massouda cette femme qui s´est présentée aux élections en Afghanistan. Il y a aussi mon pote Kader Aoun qui vient de Bobigny et qui a fait Sciences-Po malgré tout.

Tes projets ciné ?

Au mois de janvier je commence le tournage d´Indigène avec Samy Naceri. Ce film raconte l´histoire des tirailleurs immigrés qui étaient en première ligne pendant la seconde guerre mondiale. C´est un sujet qui me touche de très près.

Laurent Le Pape
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