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Lancement de la vodka Russian Standard en France

Par Nicolas George le 09-11-2010
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« Je ne vends rien à personne. Je n´ai pas besoin d´argent ! » martèle, sourire malin aux lèvres, Roustam Tariko dans un salon de l´hôtel George-V à Paris où il est de passage. Le nouveau roi de la vodka russe, qu´il vient lancer sur le marché français, commence, il est vrai, à déranger des groupes aussi importants que Bacardi ou Pernod-Ricard.

Quarante cinq ans, immigré tatar à Moscou où il aurait, selon la légende, commencé sa carrière à 17 ans comme balayeur, il a bâti à la vitesse de l´éclair une fortune estimée à quelques milliards d´euros (entre un et cinq selon les sources). À la tête de la banque Roussky Standard, spécialisée dans le crédit à la consommation (à taux prohibitifs), cet ancien distributeur en Russie de Bacardi-Martini et Diageo lance en 1998 sa marque de vodka, sous le même nom, Russian Standard. Pas si standard que cela : ses trois déclinaisons (Original, Platinum et Imperia) sont vendues en France entre 12 et 25 euros.

La consommation s´envole
« J´ai voulu mettre fin à un paradoxe russe : il n´y avait pas de vodka premium en Russie, mère patrie de la vodka », raconte l´entrepreneur. Selon lui, Stolichnaya n´aurait de russe que des origines opportunément revendiquées. Très vite, Russian Standard s´octroie plus de 60 % du marché haut de gamme russe - même si c´est à peine plus de 1 % du total consommé sur place. Depuis
deux ans, cap à l´international. D´abord aux États-Unis, où Tariko vient titiller la Grey Goose, d´origine française, rachetée par Bacardi il y a trois ans. Puis l´Allemagne et maintenant la France. Avec un accueil prometteur : Russian Standard s´installe dans les hôtels chics et bars de nuit mais aussi sur les rayons de Carrefour, Auchan et Cora. « Mon histoire plaît », constate le magnat, amusé.

 Surtout, le marché est en plein boom. Dans le monde, la vodka représente 41 % des ventes de spiritueux, contre 17 % pour le whisky. Paradoxe français, ici c´est l´inverse : 38 % pour le whisky contre 5 % pour la vodka. Mais la croissance de cette dernière s´envole : + 17 % l´an dernier.

Après avoir vendu 1,4 million de caisses de 9 litres l´an dernier, Roustam Tariko table sur 2,3 millions cette année, soit plus de 50 % de hausse. L´an prochain, il vise les 3 millions. « Ça va plus vite que prévu. On veut dépasser Stolichnaya et ensuite rattraper Absolut », annonce-t-il. Rien que ça ! Ces deux rivaux en ligne de mire du tycoon russe sont justement au coeur des convoitises. Pernod-Ricard (qui possède déjà Wyborowa et Zubrowka), distributeur de Stolichnaya, est candidat à son rachat auprès des autorités russes. Il convoite également Absolut, numéro deux du marché, valorisé entre 3 et 4 milliards d´euros, mis en vente par l´État suédois, en compétition avec l´américain Bacardi (Eristof, Grey Goose).


Source : lefigaro.fr
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