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LES SALES GOSSES

Par Nicolas George le 09-11-2010
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Papillon et Charlie Brown Waits aka “Les Sales Gosses“ sont de retour ! Après avoir sévit avec le Collectif “La Clinique“ et cartonné avec les titres “La Playa“ et “ Tout Saigne“, il nous offre un premier opus millésimé au nom évocateur : “12 ans d’âge“. Mature, réaliste et emprunt d’émotions, l’album nous dévoile les facettes de ces deux mecs au grand cœur. Pendant que leur premier single “Tout pour elle“ cartonne sur les ondes, Papillon et Charlie Brown Waits nous ont accordé une entrevue dans le décor ultra branché du restaurant le Wa à Paris.

Propos recueillis par Chris


NightLife : Qui sont les “Sales Gosses“ ?

Papillon : On s’est rencontré par le biais d’un groupe de quartier, “Troubles faits“, et on a été présenté lors d’un concert. On a commencé à traîner ensemble dans des soirées...

Charlie Brown Waits : Un jour, on s’est dit : “pourquoi on rapperait pas ensemble ?“. Le nom “Les Sales Gosses“ est arrivé comme ça, comme un bon délire de gamins... On avait 15 ou 16 ans à l’époque.

Papillon : Au début, on bidouillait un peu, on s’enregistrait sur une chaîne HIFI, mais le flow passait pourtant pas mal ! (rires). On a commencé à chanter dans des MJC, ou des petites soirées de quartiers, on commençait à se faire un nom...

Puis il y a eu “La Clinique“, et les tubes incontournables “La Playa“ et “Tout Saigne“...

Papillon : Exact, après avoir pas mal tourné, on a intégré “La Clinique“, le collectif monté par Doc Gynéco. Et là, je peux te dire qu’on a pas mal bourlingué (rires) ! C’était une bande de potes qui faisait du rap en s’éclatant. En plus on vendait des disques, que demander de plus ! Cela nous a mis le pied à l’étrier.

Charlie : En fait, “La Clinique“ a été une super aventure, cela nous a propulsé sur le devant de la scène. Mais, tout en intégrant le collectif, Papillon et moi avons quand même gardé l’identité “Sales Gosses“. L’esprit collectif était bien présent, on parlait même en “clinicien“, c’est pour dire !

Vous avez quitté “La Clinique“ et puis, plus rien. Que s’est-il passé entre votre départ du collectif et la sortie de l’album des “Sales Gosses“ : 12 ans d’âge ?

Charlie : Il fallait se recentrer, redescendre du nuage et se remettre à fond dans la musique, et ça prend du temps. À l’époque de “La Clinique“, et le succès aidant, les têtes ont un peu tourné, alors il fallait se reconcentrer sur l’essentiel. Papillon s’est mis à écrire comme un fou, et moi, je faisais du son et titillais les consoles à la recherche de bons sons.

Papillon : C’est normal. Tu pars de rien, puis tu commences à vendre des disques, et tes sons tournent en radio non-stop. Tu es invité dans les meilleurs hôtels et sur les plateaux télé ! Les chevilles ont tendance à gonfler. Aujourd’hui encore, il y a des gens qui croient qu’on passe nos étés avec Eddie Barclay dans sa villa... R.I.P Eddie.

Ces années de travail ont donné naissance à “12 ans d’âge“, votre premier album. Est-ce que, comme le whisky, le “12 ans d’âge“ des Sales Gosses est une bonne cuvée ?

Papillon : (rires) Oh oui c’est une bonne cuvée... “12 ans d’âge“ a plusieurs symboliques. D’abord, c’est l’âge du groupe, on voulait aussi une référence au grand cru, mais surtout trouvé un titre qui interpelle, qui vous fasse vous poser des questions.

Charlie : On est super fier de l’album. On a abordé des thèmes qui nous touchent au plus près. On a mûri depuis “La clinique“ et notre maturité ressort bien.

“On est pas aux States, on ne brasse pas des millions...“

Quels sont les thèmes principaux qui vous abordez ?

Charlie : On considère qu’en 2006 on peut parler de tous les sujets. L’album est très éclectique, on parle d’amour, de nos émotions, mais aussi des problèmes de notre société, le tout à la sauce “Sales Gosses“. On peut être cynique sans que cela devienne triste à mourir. Écoutes le titre “Rest In Peace“ et tu comprendras... On l’a fait pour tous nos proches disparus... Mais au lieu de lancer les violons, on a essayé de rester joyeux dans la musique. On ne voulait pas faire un morceau triste. C’est une manière décalée de parler de sujets qui nous touchent.

Papillon : Le plus important c’est que nous sommes restés les mêmes, on est resté “Sales Gosses“, nos sons et nos textes ont toujours la même saveur. Tu peux te retrouver dans chaque morceau de l’album.

Pensez-vous que le rap ne soit aujourd’hui qu’une musique revendicative ?

Papillon : Je ne crois pas... Beaucoup s’en serve comme telle, mais il ne faut pas borner le rap à ça. Dans le rap, on peut parler de tout. Y’a des mecs qui font du rap pseudo hard core, des rebelles sans cause... Détendez-vous, on écoute de la musique ! Nous, on est des mecs simples, on fait tout pour la musique.

Charlie : De toute façon, on a rien à prouver, on est là pour se faire plaisir. Si tu es ouvert, tu kifferas l’album.

Quel regard portez-vous sur le rap français aujourd’hui ?

Charlie : Le rap français a pris une tournure bizarre... Je pensais que ça allait être plus carré. Le rap aujourd’hui est devenu individualiste. Je me souviens de l’époque du Secteur A, de la FF... Il y a une perte d’identité.

Papillon : Aujourd’hui tout le monde rap pareil. Personnellement je trouve qu’il n’y a pas assez de sons “West Side“ à la française. Mais je pense que ça va arriver bientôt.

Et le Rap U.S ?

Charlie : Ah ça, je suis fan depuis tout petit... J’ai une énorme collection de vinyles originaux ! Je trouve qu’en France, les gens ne sont pas assez ouverts sur le rap américain... Les radios formatent le peuple en jouant toujours les mêmes sons... Le rap américain, c’est quand même la base !

Papillon : Il faut être curieux, s’intéresser de près à la musique. Ce qui me fait rigoler, c’est que les mecs qui rappent aujourd’hui, c’est les mêmes mecs qui disaient avant que le rap était un truc de zulu, une musique de black...

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent vivre du rap ?

Papillon : La passion doit être le moteur. Ici, on est pas aux States, on ne brasse pas des millions. Surtout entourez vous des bonnes personnes, c’est quelque chose de primordial !

Un dernier mot...

Papillon : Oui ! Quelques soit la manière, procure-toi l’album des Sales Gosses, il faut que tu l’aies ! Et les dédicaces...

Charlie : Spéciales dédicaces à Moussa, aux gargeois, 93, au Blanc-Mesnil, à APH, à 4.21, à CSRD et à tous les lecteurs de NightLife !

“12 ans d’âge“, l’album des Sales Gosses, actuellement dans les bacs.

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