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Martin Solveig

Par Nicolas George le 09-11-2010
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Nightlife : Allez commençons d´entrée par le pitch de ton nouvel album « Hedonist »...

Martin Solveig : C´est un album de plaisir au sens large ! Plaisir pour moi et pour les gens qui m´entourent. L´angle d´approche a été le sourire et la joie ! Sur ce projet je me suis beaucoup amusé et j´avais envie d´être éclectique en condensant tous les plaisirs que me procure la musique. C´est une approche large dans la logique de l´album « Sur la Terre ». En fait c´est un véritable album « d´écoute » pour les moments de tous les jours.

L´éclectisme d´ « Hedonist » risque de surprendre le public qui te connaît surtout à travers les succès de « Madan » et de « Rocking Music » ?

« Hedonist » n´est pas un album house music mais plutôt une vision contemporaine et électronique du disco du rock et du R&B. On y apporte également de nombreux clins d´œil à la culture afro américaine. Il est fort possible que les gens qui me connaissent notamment à travers « Madan » et « Rocking Music » ne ressortent de cet album que les gros titres. « Hedonist » s´adresse surtout à des gens qui ne me connaissent pas qu´à travers mes singles !

C´est une réelle volonté de changer de ta part ?

L´idée de l´album est ambitieuse c´est de me dire « Tous ces gens qui vont dans les clubs qu´est ce qu´ils écoutent en rentrant chez eux ? » Sans doute pas ce qu´ils ont entendu durant toute la soirée ! Donc c´est volontaire de donner cette fois une facette pas « club » de Solveig. C´est une facette plus perso plus intimiste. Et je crois que chacun peut y trouver quelque chose.


Dans cet album tu es entouré de musiciens et de 2 chanteurs. Idéal pour des prestations live !

C´est clair le côté scène est vraiment grisant et pouvoir jouer en live est un réel plaisir que je partage avec mes musiciens. Je me rends compte que bosser du live des concerts ça devient une réelle affaire d´équipe qui demande beaucoup de logistique. La charge de travail est totalement disproportionnée par rapport à lorsque tu es un « simple » DJ.

Imagines que demain on te propose de jouer lors d´un festival musical en plein air. Tu optes plutot pour un live avec tes musiciens ou pour une presta de DJ sur scène ?

Un live avec mes musiciens ! Ah là je dis oui tout de suite ! Pour un « one shot » ça le ferait mais une tournée serait par contre plus difficile à monter !



Martin Solveig ne va tout de même pas délaisser les clubs ?

Non car je reste identifié comme un DJ. Je ne vais pas « zapper » le côté club car c´est un exercice que j´apprécie. Mais bon si l´album « Hedonist » séduit des gens qui ne vont pas souvent en club alors d´un certain côté j´aurais réussi ce que je voulais !

On te voit de moins en moins jouer sur Paris. C´est un choix ?

Effectivement je ne suis plus trop sur Paris. Selon moi sois tu prends une résidence hebdomadaire et alors là tu peux vraiment monter quelque chose de fort dans le temps et avoir une réelle connectivité avec le public. Soit tu fais un « one shot » un gros événement. Et là tu « claques » une soirée de folie. Mais faire une soirée tous les 2 ou 3 mois je ne vois pas trop l´intérêt tu n´as pas le temps de construire un « vrai » rendez-vous avec le public.

Ton dernier bon souvenir sur Paris ?

La dernière fois où j´ai joué au Queen fut une soirée exceptionelle pour moi. J´y ai retrouvé beaucoup « d´anciens » qui me suivaient déjà à l´époque de l´Enfer des Bains... C´était assez émouvant je dois avouer.

Penses tu qu´il y a une certaine forme de lassitude dans la nuit actuellement ?

C´est certain. Cette forme de lassitude s´installe dans un certain nombre de pays comme l´Italie la France ou la Belgique. Il y a un réel manque d´efforts et de renouvellement de la part des « décideurs » du monde la nuit. Pour les soirées tu as plus l´impression que c´est du travail à la chaîne et qu´on ne s´intéresse plus vraiment au fond. Les Français sont fatigués. Il va falloir sérieusement se creuser la tête beaucoup plus pour les thèmes des soirées les animations et la musique également...

Les Djs ont donc un rôle à jouer également ?

Oui car il y aune chute de l´engouement populaire pour les musiques électroniques. Les succès électro de ces dernières années ont été très différents. La tendance actuelle c´est une synthèse de choses surprenantes !Maintenant le DJ doit être un vrai DJ : diversifier la musique faire une présentation enlevée avec pleins de titres d´aspiration différente. Il faut une réelle réactivité de la part du DJ. Mais j´ai l´impression qu´en France on n´a pas le droit de sortir de sa « case ». Moi quand je joue du R´n´B on me regarde bizarrement. Mais j´aime prendre le risque de tenter des choses. Et il le faut de toutes façons !

La ville ou le pays incontournable sur la scène clubbing actuellement ?

Londres est toujours à la pointe. Là bas il y a une véritable scène électro... Dans la moindre ville de 300 000 habitants tu as le club électro qui réunit des milliers de clubbers chaque semaine. C´est géant... Sinon la Hollande ou l´Australie sont à la pointe en ce moment.

Tes coups de cœur musicaux du moment ?

Julien Jabre et son titre « Swimming places » et Gwen Stephani !

Enfin quel est l´endroit le plus atypique où tu as joué dernièrement ?

A Montréal pour l´anniversaire du Cirque du Soleil. Il y avait des acrobates des saltimbanques etc... Cétait hallucinant ! En fait ils étaient à la fois et sur la piste et acteurs de la soirée. Tu voyais autant de choses sur la scène que hors de scène ! Là tu découvres vraiment l´essence même de la fête... Tu tournes la tête tu as un spectacle différent partout. Quel bon souvenir en tout cas...

> Propos recueillis par Nicolas George

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