Article précédent
Article suivant

NTM

Par Nicolas George le 09-11-2010
Partager cet article :

Voilà dix ans que le paysage du rap français a perdu ses idoles, ses fers de lance, le groupe de toute une génération, 10 ans que le groupe NTM a choisi de se séparer laissant derrière lui les traces d’une société en pleine mutation, une société en pleine revendication. Pourtant, rien a changé... Les titres de Joey Starr et Kool Shen ont continué à inonder les ondes et les platines d’une jeunesse qui ne les a pas oublié... C’est sans doute pour cette raison que, dix ans après, le duo le plus prolifique du rap français se reforme le temps de quelques concerts exceptionnels, comme un hommage aux fans qui les suivent depuis près de vingt ans... Retour sur l’histoire de Suprême NTM, le groupe rap phare du 20ème siècle... c’est « d’la bombe bébé » !

Dossier réalisé par CHRIS

 

 

1988, la France s’éveille... François Mitterand inaugure la pyramide du Louvre, un Fokker F27 de la TAT Nancy-Paris s’écrase en Seine-et-Marne (23 morts), le premier tour de l’élection présidentielle voit l’effondrement du Parti communiste français et la percée du Front national de Jean-Marie Le Pen. François Mitterrand est réélu à la présidence avec 54% des voix contre 46% à Jacques Chirac, Michel Rocard est nommé premier ministre et l’Assemblée nationale française est dissoute. 1988 c’est aussi les accords de Matignon, le crash d’un airbus A320 dans une forêt, lors d’un vol de démonstration, avec 136 personnes à bord, durant un meeting aérien près de l’aérodrome de Mulhouse-Habsheim. L’accident fait 3 morts. La Gare de Lyon devient le théâtre d’un grave accident ferroviaire qui fait 56 morts et 55 blessés, les infirmières sont dans la rue et la ville Nîmes est sous les eaux et pleure ses 10 morts. Tandis que le Revenu Minimum d’Insertion est crée, la France découvre dans « Deenastyle », émission phare de radio Nova, les lyrics pimentés et revendicatifs d’un groupe de jeune rappeur issu du 93, les NTM, Nick Ta Mère pour les intimes... Qui sont-ils, d’où viennent t’ils ? NightLife vous fait partager l’histoire du groupe de rap le plus influent de ces vingt dernières années...

 

 

L’histoire du duo Bruno Lopes aka Kool Shen et de Didier Morville aka Joey Starr ne date pas d’hier... Les deux garçons sont nés en 1968 et ont grandi ensemble à Saint Denis, dans les grands ensemble de cette banlieue défavorisée... Ils vont à l’école ensemble et se rencontre en CM1, mais aucune affinité entre les deux garçons. Tout se déclenche en juillet 1983, alors qu’une démo de Hip Hop avec des danseurs américains se déroule sur la place du Trocadéro à Paris... Joey Starr et Kool Shen y vont séparément. Tous deux sont marqués par cette prestation incroyable. Kool Shen apprend que le futur Joey Starr y était aussi et il va à sa rencontre dans la cité voisine pour partager sa passion avec lui. Les deux garçons se lient d’amitié et commencent à s’entraîner au Break Dance et au Smurf. Cette passion commune pour le Hip Hop va définitivement les rapprocher... Assidus, les deux jeunes gens se font un nom dans le milieu underground... Kool Shen excelle dans le Break alors que Joey fait du smurf sa spécialité... En 1984, une émission française de télévision lance définitivement le phénomène : "Hip Hop" animée par Sidney sert de véritable tremplin.

 

 

Les deux amis montent un groupe, « Actuel Force » et remporte un grand nombre de concours de breakdance en France. Ils tournent ensuite en Europe... Ils explorent ensuite la culture Hip Hop dans son ensemble puisqu’ils se mettent au Graffiti et font de la ligne 13 du métro parisien leur terrain de « Graf » favoris. Ils signent leurs « œuvres » d’un sigle : NTM, comprenez Nick Ta Mère... Petite parenthèse sur le nom : selon un phychologue, un peu prise de tête, « Dans la banlieue, la fameuse phrase « Nique Ta Mère » peut être utilisée soit comme une plaisanterie, soit comme une insulte, soit comme une réplique à des insultes en prenant l’entité "Ta mère" comme un ensemble à part entière, celle-ci perdant de son sens comme dans l’insulte Enculé de ta race : la mère de la victime n’étant généralement pas imaginée dans la posture à laquelle fait référence l’insulte ». Bref, pour le groupe c’est un plus un « Va te faire voir », une revendication de la liberté d’expression ! Ah avec les psy, c’est toujours très compliqué...

 

 

LE RAP EN EXUTOIRE...

À cette époque, le groupe décide de se renforcer en s’associant avec les « 93 M.C. » (Kea, Swen, Lazer, Mam, Mao, Boa, Fame, Arem, J Lee, Reak, Kast, Acid, Arys, Kar, Rowe, Naze...) de Saint-Denis, ce qui donnera la fusion « 93 NTM » (avec Chino, Colt, Mode 2, Tex, Kay One, Aro, Meo ainsi que les TCG et les DRC)... Mais désireux de découvrir la culture Hip Hop dans son ensemble, Joey Star et Kool Shen se tourne peu à peu vers le rap, surtout après avoir entendu les premiers morceaux de leurs potes « Assassins »...

On dit que NTM se serait aussi lancé dans le rap par défi, causé par une discussion entre Johnny Go (responsable du premier maxi français rap de l’histoire), Joey Starr et Kool Shen : il leur explique, un soir dans le métro, que « le rap est une branche du hip-hop réservée à une élite dont eux, ces Graffiti Kingz aux mains tachées de peinture, ne feront sans doute jamais partie ». Cet affront a allumé la mèche ! Le soir même, ils commencent à écrire des conneries. Les trois premiers textes parlaient de graffiti. Mais, Joey n’a qu’une ambition, réussir : « Il faut savoir que nous avons commencé la musique avec cette ambition : soit on cartonne, soit c’est la honte. On venait pour tout brûler, pas pour faire de l’entre-deux. En danse, nous étions dans le top-ten. En graffiti, nous étions dans le top-ten. Si on faisait du rap, il fallait qu’on soit dans le top ten ». Au moins c’est clair (« j’ai le touché Nique Ta Mère, comme par devant comme par derrière c’est clair ! ». C’est toute mon enfance ça !)...

 

 

Hum Hum... Leurs premiers textes, revendicatifs a souhait, à la limite de la violence arrivent aux oreilles de producteurs radios... Ils sont alors invités à venir rapper en direct dans l’émission du Dj star Dee Nasty sur Radio Nova, « Deenastyle » avec aussi Lionel D... NTM fait un malheur ! Ils participent quelques mois plus tard à la Coupe de Paris des DJ’s puis font la première partie d’un groupe français, la Souris Déglinguée à l’Olympia.

Le groupe commence a faire sérieusement parlé de lui... NTM est reconnu pour ses paroles réalistes, sombres et parfois violentes, ainsi que pour le contraste entre les styles des deux rappeurs. Alors que Joey Starr (également connu sous le nom de Jaguarr Gorgone et Double-R) a un flow relativement lent, des paroles agressives, des textes plutôt engagés, et une voix profonde et résonnant, Kool Shen a un flow plus lyrique, des paroles pleines d’esprit, plus mélancoliques et poétiques. Le cocktail est détonnant ! Ils deviennent très vite les représentants de la tendance hardcore du rap français en insufflant un esprit de révolte face aux injustices sociales et politiques. Leurs textes violents et noirs sont à l’image du désespoir et de l’avenir compromis des jeunes des cités. Le rap pour NTM est un moyen de s’exprimer « haut et clair » comme ils le disent eux-mêmes. En fait, ils ne font que parler de la réalité, telle qu’ils la connaissent, avec leur propre langage.

 

 

En 1990, ils enregistrent leur premier titre « Je rappe » sur la compilation « Rapatittude ». Ils partent ensuite en tournée en province avec tous les autres artistes ayant participé à la compilation. À ce moment-là, ils signent avec une multinationale du disque, Sony, et sa filiale, Epic. Alors que les banlieues s’embrasent à Lyon et que les affrontements entre les jeunes et la police se font de plus en plus violents dans les manifs étudiantes, le groupe sort un premier maxi de quatre titres « Le Monde de demain », en 1990. Plus de 50.000 exemplaires du maxi sont vendus. C’est à cette date-là, que le grand public mais un visage sur les NTM, lorsqu’ils sont invités par l’icône punk, Nina Hagen, dans l’émission de Michel Denisot, « Mon Zenith à moi » sur Canal +. D’ailleurs, je me souviens que je regardais l’émission avec mes parents ce jour-là, trop marrant le malaise dans l’appart’... Michel Denisot pose sa première question : « Messieurs, que signifie NTM ». Réponse de Joey Starr : « Ca veut dire Nique Ta Mère » ! Michel Denisot est choqué, ma mère aussi...

En mars 1991, les deux garçons débute la tournée qui préfigure la sortie en juin de leur premier album « Authentik ». En juillet, ils se produisent à New York, au Palladium en compagnie de Son of Barzek, à l’occasion du « New Music Seminar ». Deux simples sortent cette année-là, « Authentik » et « Soul Soul » tous deux remixés par Kirk Yano. Le 24 janvier 1992, ils clôturent leur tournée par un passage au Zénith à Paris devant une foule déchaînée. L’album s’est vendu à 70.000 exemplaires et un maxi inédit « Boogie man », avec deux inédits live enregistrés au Zénith sort à ce moment-là.

PREMIERS DÉMÉLES AVEC LA JUSTICE, PREMIÈRE CENSURE...

En 1993, le groupe sort deuxième album intitulé poétiquement « 1993... J’appuie sur la gachette »... Ce n’est pas tant le titre de l’opus qui pose problème, mais bel et bien le morceau « Police »... NTM accuse les forces de l’ordre d’abuser de leurs pouvoirs, dans des termes violents. Une enquête judiciaire est ouverte à leur encontre, qui n’aura pas de suite. Je ne comprends pas trop, c’est soft pourant : « Police machine matrice d’écervelés mandatés par la justice sur laquelle je pisse ». Euhhh, pas trop finalement... Les radios en profitent pour les boycotter et ne plus passer leurs titres sur les ondes. En mars, sort pourtant le single « J’appuie sur la gachette », l’histoire d’un suicide. L’album est une déception commerciale par rapport au précédent opus et n’aboutira que sur une mini tournée. En mars 94, les NTM se produisent pour quatre soirs dont un au Palais des Sports à Paris. En effet, les organisateurs de concerts ne sont pas rassurés quand il s’agit de rap, et ne veulent pas prendre de risque.

 

 

En juin 1994, ils entrent en studio à New York puis à Paris pour la préparation de leur nouvel album. Le 10 février 1995 sort le premier single « Tout n’est pas si facile » extrait de l’album mythique du groupe « Paris sous les bombes » qui lui, sort en mars. Dj S a quitté le groupe et se trouve remplacé par DJ Clyde. Les revendications égalitaires sont toujours aussi présentes et ces faiseurs de rimes urbaines sont toujours aussi subversifs. La production est mieux assurée et le niveau musical, plus élevé. « Tout n’est pas si facile », est un titre nostalgique qui raconte les premières années du mouvement hip hop... C’est un tube monstrueux ! Il sera suivi par une autre bombe « La Fièvre » qui est programmé sur toutes les radios. Fini la censure, tout le monde réclame du NTM. Belle revanche pour ceux qui, il n’y a pas si longtemps, étaient boycottés par les médias. Ils vendront plus de 500.000 exemplaires de l’album. Trois clips (« Tout n’est pas si facile », « Qu’est-ce qu’on attend » et « La Fièvre ») sont réalisés par Seb Janiak et regroupés dans un court métrage, « Paris sous les bombes ».Ils enchaînent ensuite sur une tournée française qui les mènent du Festival du Printemps de Bourges en avril, aux Francofolies de la Rochelle en juillet. Le 9 juin, ils enflamment le Zénith à Paris. C’est la consécration !

 

 

Mais, en coulisse, la justice ne les lâchent pas... La chanson « Police » leur vaut une nouvelle fois de gros ennuis : le 14 juillet 1995, les NTM participent au concert « Rendez-vous de la Liberté » organisé dans le sud de la France à la Seyne-sur-mer par SOS Racisme. Dans la salle, plusieurs policiers s’indignent des propos violents et diffamatoires à leur encontre. Le groupe est inculpé pour « outrage à personnes détentrices de l’autorité publique » en mai 96 et condamné en novembre à six mois de prison dont trois mois fermes et une interdiction d’exercer leur métier en France pendant six mois. Après appel, la peine est réduite à deux mois de prison avec sursis et une forte amende. Entre temps, le débat est devenu national : doit-on condamner un groupe qui malgré des propos outranciers, exprime la réalité telle qu’il la voit et rend compte de la violence et du malaise des banlieues ? Vaste question...

« SUPREME NTM », LE MEILLEUR ALBUM RAP FRANçAIS DE L’HISTOIRE...

Après la réalisation d’un remix du morceau « Affirmative Action » avec le rappeur new-yorkais Nas, NTM envisage la production d’un quatrième album. C’est pendant l’été 1997 que NTM commence le travail de studio à Puteaux en banlieue parisienne. De nombreux amis passent et donnent directement leur avis, permettant ainsi à Kool Shen et Joey Starr d’avoir un certain retour avant même la sortie effective de l’album, qui a finalement lieu le 21 avril 98. Intitulé « Suprême NTM », il reflète une incroyable maturation dans le travail des deux compères. Des titres comme « Ma Benz », « That’s My People », « Laisse pas traîner ton fils », « Pose ton gun », « Seine-Saint-Denis Style », « C’est arrivé près d’chez toi » devienent des tubes. Le single « Laisse pas traîner ton fils » ou le titre « Pose ton gun » donnent une certaine idée de la nouvelle orientation du groupe qui fait figure maintenant d’icône du hip hop français. Finie la violence, on est à présent dans de la revendication positive, le succès s’en ressent incroyablement... C’est aussi cette année-là que seront créés les deux labels « Boss Of Scandalz Strategyz » (BOSS) pour Joey Starr et « IV My People » pour Kool Shen.

 

 

Une tournée démarre à l’automne avec deux passages au Zénith de Paris en novembre. Le groupe est au sommet de sa carrière... Leur album « Suprême NTM » s’est écoulé à 2.000. 000 d’exemplaires jusqu’à aujourd’hui et est considéré comme l’un des meilleurs albums français de rap.

 

 

De son côté, Joey Starr défraye la chronique judiciaire et se voit condamné le 24 février 1999, par le tribunal de Montpellier à deux mois de prison ferme et une amende de 30.000 francs pour l’agression d’une hôtesse de l’air dans le hall d’un hôtel (fait qui remonte à novembre 1998), contribuant ainsi à renforcer cette réputation de « bad boy » qui le poursuit depuis les débuts du groupe. Quatre mois plus tard, c’est à six mois ferme que le condamne le tribunal de Bobigny en banlieue parisienne, pour violence sur son ex-compagne (laquelle l’agressera violemment aussi quelques mois plus tard). En avril 2000, un documentaire intitulé « Authentiques » réalisé par Saer et Alain Chabat sort quelques temps avant un double live, prévu de longue date. C’est l’heure des bilans. Après dix ans d’activité, les rumeurs de séparation commencent à circuler. Joey Starr est encore aux prises avec la justice tandis que Kool Shen travaille sur un album solo et dirige avec sérieux son label « IV My People ».

 

 

Joey Starr n’est pas en reste, lui aussi a monté son label, B.O.S.S. Le 7 novembre 2000, les deux compères que l’on ne voyait plus ensemble depuis un moment (les rumeurs de clash se faisant plus préssentes) sortent un maxi, premier d’une série de quatre intitulée « NTM le clash ». Les Dj’s et compositeurs des deux écuries, « IV My People » et « B.O.S.S » s’affrontent musicalement sur des remixes du groupe. La compilation générique qui rassemble l’ensemble des morceaux et qui sort en février 2001, atteint les 200.000 copies vendues en six mois. En juillet, l’album est mis sur le marché européen. En 2001, la rupture est consommée, chacun décide de voler de ses propres ailes avec d’ailleurs beaucoup de réussite, ce qui prouve la maturité et l’intelligence des deux garçons pour mener des business a bien...

JOEY STARR ET KOOL SHEN EN SOLO...

Bien qu’en apparence les deux membres du groupe paraissaient proches, il n’en demeurait pas moins qu’hors scène ou caméra, Kool Shen et Joey Starr menaient leurs vies séparément. Par exemple, les deux chanteurs composaient leurs textes séparément, se mettant préalablement d’accord sur le thème d’une chanson, écrivant chacun de leur coté. Ce mode d’écriture et de fonctionnement a surpris de nombreux fans, à cause de l’apparente proximité et complicité qui se dégageait de ce duo. Joey Starr et Kool Shen poursuivent donc des carrières solo. Kool Shen a sorti l’album « Dernier round » en 2004 avant de se retirer du rap en tant qu’interprète. Aujourd’hui, Kool Shen s’occupe de produire et de dénicher des artistes « nouvelle génération » via sa structure « IV My People ». Il a également monté sa marque de fringues : 2High.

 

 

Mais, c’est Joey Starr qui apparaît le premier en solo en 2002, mais seulement via un single extrait de la bande originale du film « Astérix et Obélix : mission Cléopatre » d’Alain Chabat, carton de la fin de l’hiver 2002. La chanson, « Gaz-l », est bien loin du répertoire de NTM. Dans les médias, il apparaît plus serein et participe à diverses émissions de télévision grand public, ce qu’il n’aurait jamais fait quelques années plus tôt. L’autre actualité de Joey Starr se partage entre une émission de radio qu’il présente en direct une fois par semaine depuis sa maison de Saint-Ouen près de Paris. Entouré d’une communauté de rappeurs, il tient l’antenne plusieurs heures, la nuit, pour une station spécialisée en rap. Il est aussi chef d’entreprise via une marque, Com-8, distribuée dans sa propre boutique de vêtements streetwear dans le quartier des Halles à Paris. Son premier album en solo, « Gare au jaguarr », est sorti le 16 octobre 2006 et a connu un bon succès. Auparavant, il avait sorti début 2006 sa biographie, « Mauvaise Réputation », co-écrite avec Philippe Manœuvre et un album compilation réunissant une sélection de ses titres préférés, My Playlist, chez Wagram music.

 

 

Malgré leur séparation, le groupe NTM doit encore honorer un album dans le contrat les liant à leur maison de disque. C’est pourquoi un best of est sorti le 26 novembre 2007. Malgré leur séparation, les deux rappeurs se vouent un grand respect mutuel, Joey Starr ayant déjà qualifié Kool Shen de meilleur rappeur français (lors de l’émission 66 minutes sur M6 : « J’ai eu la chance de faire 4 albums avec celui que je considère comme le meilleur rappeur français »). Y’aurait-il du rabibochage dans l’air ???

 

 

NTM, LE GRAND RETOUR !

Depuis fin 2007, des rumeurs annonçaient le retour et la recomposition du groupe NTM. Le 7 mars 2008, la nouvelle est rendue officielle sur la chaîne TV musicale MCM : le groupe va se reformer. Le 13 mars 2008, les deux rappeurs sont présents sur le plateau de l’émission Le Grand Journal de Michel Denisot sur Canal+. Avec les inséparables DJ James et Naughty J aux platines, ils commencent par rapper un live de « Seine-Saint-Denis style » qui se concluera par une phrase d’anthologie de Bruno à son pote Didier : « On s’galoche ou on s’galoche ? ». Ils vont ensuite expliquer les raisons de leurs retrouvailles dans une interview et annoncer les concerts au Palais omnisports de Paris-Bercy les 18, 19, 20, 22 et 23 septembre 2008.

 

 

Au final, ils avouent avoir le sentiment « de s’être quittés, il y a à peine une heure »... Pour l’événement, sur le plateau de Canal, beaucoup d’artistes étaient présents : Clotilde Courau, Jérôme Le Banner, Omar et Fred, Julia Channel, Ramzy, ainsi que Pascal Obispo (invité personnellement par la mère de Kool Shen qui est fan) mais aussi Olivier Besancenot, ami de Joey, et tous les deux parrains du collectif « Devoirs de Mémoires ». Au passage, Pascal Obispo rend hommage aux deux rappeurs : « certains textes et paroles de NTM sont à placer au niveau de Léo Ferré ». L’hommage et là et mérité pour ce groupe qui a fait grandir le rap pendant près de 20 ans, et, même si aucun album n’est prévu pour NTM, cette série de concerts exceptionnels reste sans doute l’événement majeur de cette année musicale 2008.

Article précédent
Article suivant