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Olivia Ruiz

Par Nicolas George le 09-11-2010
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Après avoir parcouru la France à travers les Festivals durant tout l’été et s’être même offerte des escales sud-américaines en Argentine, en Uruguay et au Chili en Septembre dernier, la petite fée de la chanson française connaîtra un fabuleux baptême du feu à l’Olympia, le 14 Décembre prochain. Une consécration de plus pour la jolie Olivia, nommée aux MTV Europe Music Awards en Novembre dernier, et dont l’album « La Femme Chocolat » flirte avec les premières places des charts depuis de nombreuses semaines... Quelques grammes de finesse à consommer sans modération... > Propos recueillis par Nicolas George

Nightlife : Ton album « La Femme Chocolat » est un véritable succès... Cela doit te faire doublement plaisir puisque c’est un album très personnel... Olivia Ruiz : Totalement... Déjà je suis ravi du succès de l’album car ce disque est assez auto-biographique, personnel, et familial. Ma vie a inspiré en grande partie cet album...

Avec l’incontournable "J’Traîne des Pieds" tu parles de l’enfance. Es-tu nostalgique du temps passé ? J’ai peur surtout de voir la disparition des figures de mon enfance, et j’en suis aussi un peu nostalgique effectivement. Mais cet album montre également plusieurs facettes de la famille ; le côté « rassurant » et indispensable, mais aussi le côté un peu destructeur ! Le disque parle du passage à l’âge adulte et de la séparation avec les parents, car maintenant j’ai des moments forts de mon enfance qui me reviennent.

Avec cet album, tu avais envie de rompre avec ton image de « femme-enfant » ? S’il y a bien un objectif que j’ai dans ma vie c’est de continuer à faire vivre la gamine que j’étais et qui est restée à l’intérieur de moi tout en faisant face aux responsabilités que demande la vie d’adulte. En tout cas la femme et l’enfant cohabitent bien depuis quelques temps. Et ce disque, c’est aussi un véritable témoin de passage à l’âge adulte

« Quand je me casse la figure dix fois, dis fois je ramasse mes dents et je repars ! »

Je crois que ton père continue à influencer énormément tes choix... C’est lui qui m’a tout appris. Encore aujourd’hui, mon père me suit pour coacher les musiciens avec qui je collabore... Son avis reste hyper important pour moi. C’est lui qui m’a appris toute ma culture musicale. J’ai commencé la scène à 12 ans. En faisant plein de choses différentes. Un groupe de rock, du bal pour gagner de l’argent, un duo avec mon père... Et un jour, je ferais un disque de reprises de flamenco avec lui ! Mais un disque de reprises je trouve ça facile en fait, et je préfère la difficulté pour l’instant. J’ai soif d’apprendre et soif de nouvelles choses !

Justement, quelle est l’une des clés de la réussite dans ce métier ? La ténacité. Quand je me casse la figure dix fois, dis fois je ramasse mes dents et je repars. C’est aussi grâce à mon système d’éducation, je viens d’une famille de viticulteurs et de cheminots, et bosser, je sais ce que c’est ! Alors c’est un truc qui ne me fait pas peur, je sais ce que j’ai à faire, alors je vais jusqu’au bout !

Tu as passé beaucoup de temps sur les routes pour des concerts ces derniers mois... Quel est ton meilleur souvenir sur scène ? Sans doute au Paléo Festival de Nyon en 2003... Lors du deuxième soir, l’instrumentiste était malade et a dû être hospitalisé. Un truc super galère. Mon tourneur suisse, sachant que j’étais super fan de Patti Smith, me tend un badge sur lequel figurait le symbole « peace & love » en me disant « Tiens, Patti Smith m’a offert ça hier. Prends-le pour ce soir. Je sais que t’adore. Ca va te porter bonheur ». Et ce fut vrai. Il y a eu un petit truc de mystique qui s’est passé et j’avais l’impression d’être un peu surveillée et portée par cette marraine de rêves ! Et finalement ce fût un concert génial !

« Ceux qui se la pètent le plus, ce ne sont pas ceux que l’on voit sur le devant de la scène, mais ceux qui sont derrière le rideau ! »

Et ton plus mauvais ? Aux Francofolies de la Rochelle où j’ai accumulé les galère. Plus de cuivres, plus de sonorisateur... J’arrivais pas à remettre la main sur mon équipe ! Limite j’étais toute seule aux balances et je jouais 45 minutes après... Sur scène, les galères se sont enchaînées aussi. Le moment surréaliste où tu te dis « Mais si j’arrive au bout de ce truc, je peux tout faire » !

As-tu des rituels avant de monter sur scène ? La seule chose que je peux pas zapper avant d’aller sur scène, c’est un câlin avec mes musiciens !

Comment travailles tu pour l’élaboration de tes chansons ? Je griffonne tous les jours et partout sur des bouts de papier ! Dans le camion, sur les routes ou chez moi, quand je suis à un café, quand je vois quelqu’un dans la rue... J’écris 4 phrases, je les reprends 6 mois après... Même si cela ne sortira jamais, ça fait toujours du bien de laisser une petite trace de soit quelque part !

Les artistes avec qui tu aimerais collaborer ou faire un duo ? Il y en a des tonnes ! C’est dure comme question ! Je dirais Tom Waits, Blondie, ou bien la chanteuse des B52, mais aussi les Motivés, Dionysos, Asian Dub Foundation, Thomas Fersen et évidemment les Tetes Raides !

Le regard des gens du métier a-t-il évolué sur toi entre le moment où tu as fait la Star Ac et le succès que l‘on te connaît aujourd’hui ? Bien sûr ! Maintenant, il y a pleins de gens qui me calculaient pas avant et qui me calculent aujourd’hui. Et si à mon prochain album je me plante, ils me zapperont mais moi je n’oublierais pas... Des gens comme Dionysos ou les Têtes Raides sont des gens entiers, et je les adore. Ceux qui se la pètent le plus, ce ne sont pas ceux que l’on voit sur le devant de la scène. Ce sont ceux qui sont derrière le rideau qui sont comme ça !

Olivia Ruiz, La Femme Chocolat (Polydor - Universal)

Retrouvez Olivia Ruiz en tournée dans toute la France.

Toutes les dates et les dernières news sur : www.olivia-ruiz.com

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